Vendredi 6 juin 2008



Dans les pays traditionnellement riches nous observons chaque jour les méfaits de la politique néolibérale menée depuis plusieurs années par les gouvernements de droite dans la plupart des pays du globe : paupérisation de la société, délocalisations, etc, sont notre quotidien. Mais qu’en est-il de la population des pays vers lesquels nos multinationales délocalisent ? Ndiougou FALL, président du Réseau des Organisations Paysannes et Producteurs d’Afrique de l’Ouest, explique dans Le Monde du jeudi 5 juin 2008 que la crise alimentaire mondiale actuelle est provoquée par les politiques néolibérales imposées par les occidentaux via le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale et acceptées par les chefs d’états africains. A travers les exemples du Niger, des Philippines et de l’Inde, répartis sur 3 continents distincts, voyons les conséquences de ces politiques néolibérales.

 

 

Au Niger, la richesse du sol en uranium attire les entreprises minières étrangères comme Areva dans la région d’Agadez. Au nord du pays 300 000 touaregs ont été expropriés pour l’installation d’une entreprise minière chinoise. La population locale, peu scolarisée donc non formée, ne peut profiter des emplois créés par ces entreprises étrangères. De plus, ces installations menacent les occupations traditionnelles vivrières (élevage transhumant, commerce du sel, agriculture oasienne) laissant sans ressources ces touaregs alors que le pays, bien que 3ième exportateur mondial d’uranium, a un Indice de Développement Humain classé 174ième sur 177 selon l’OMS. En plus de leur supprimer les vivres, ces entreprises profitent de la pauvre législation sociale de ces pays (c’est bien pour ça qu’ils sont venus s’y installer) pour multiplier leur profit en économisant sur les règles sanitaires, mettant ainsi en danger la santé de la population locale : le Comité de Recherche et d’Informations Indépendantes sur la Radioactivité a dénoncé le stockage des déchets radioactifs à l’air libre depuis plusieurs décennies, le taux extrêmement élevé de la radioactivité dans l’eau distribuée à la population et la revente sur les marchés des matériaux radioactifs sortis des usines destinés à la construction d’habitations. En compensation, les touaregs revendiquent le transfert de 50% des recettes des entreprises minières étrangères aux collectivités locales. Face au refus du gouvernement d’aider ces populations mises en danger de mort, ils se sont regroupés au sein du Mouvement des Nigériens pour la Justice avec pour devise « Si la lutte est la seule voix qui puisse être entendue, tel est notre choix ! ». La réponse de l’état est sans appel : 70 exécutions sommaires de civils depuis août 2007 par les forces armées nigériennes, multiples arrestations et détentions arbitraires, tortures, viols, pillages, massacres de troupeaux, déportation et interdiction des journalistes. En mai 2008 un correspondant de Radio France International a été incarcéré.


 

(Inde, Philippines)

 

Au nom du profit d’entreprises étrangères les populations locales sont ainsi mises en danger de mort. Mort de faim en supprimant l’agriculture vivrière pour satisfaire le marché international, mort de maladies en passant par dessus des règles environnementales de base, et mort violente en réprimant massivement tout mouvement contestataire. C’est ce que les libéraux appellent la loi de population selon Malthus, du nom d’un pasteur anglais de la fin du XVIIIième siècle. Sa théorie repose sur le fait que la population progresse plus vite que les subsistances ; ainsi, lorsque la population excède les possibilités de la nature, une régulation s’exerce par le biais de famines, de guerres et d’épidémies. « Le peuple doit se considérer lui-même comme la cause principale de ses misères ; aider les pauvres c’est multiplier la pauvreté », expliquant ainsi la nécessité que l’état s’abstienne de toute politique sociale. En somme, ces entreprises, en installant la misère et la famine, ne font que provoquer l’ordre naturel, doctrine de base du libéralisme.

par Olivier GUILLARD
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Lundi 2 juin 2008



La question chypriote :

 

Chypre, indépendante du Royaume-uni depuis 1960, subit en 1974 un coup d’état nationaliste grec ayant pour but de rallier l’île à la Grèce. En réaction l’armée turque intervient au nord de l’île divisant l’île en République Turque de Chypre Nord et République de Chypre (Sud, grecque). Cet évènement contribue à l’effondrement du régime dictatorial grec la même année. Au referendum de 2004, 75,88% des chypriotes turcs votent en faveur du plan de réunification de l’île proposé par K. Annan (ONU) alors que 65% des chypriotes grecs se prononcent contre. Cependant les ports et aéroports turcs restent fermés aux navires et avions chypriotes grecs.

 

 

La question arménienne :

 

A la sortie de la 1ère guerre mondiale, le sultan de l’Empire Ottoman (divisé en multiples protectorats européens occidentaux) fait expulser, massacrer, piller et laisser mourir de froid et faim la communauté arménienne accusée de trahison militaire. Après passage à un régime démocratique et trois changements de constitution, l’état turc aujourd’hui reconnaît ce massacre mais rechigne à dédommager les descendants d’arméniens déportés en raison de la somme colossale mise en jeu. Cependant, bien qu’il n’existe pas de jurisprudence pour l’ensemble des arméniens, le gouvernement dédommage au cas par cas après jugement de la cour européenne de justice. Arès avoir noter que les pays européens et la France notamment peuvent difficilement se positionner en donneur de leçon sur ces sujets, on peut conclure à la nécessité du devoir de mémoire.

par Olivier GUILLARD
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Vendredi 30 mai 2008

 

Bertrand DELANOË, De l’audace !, p. 43 à 45 :




" Tenez-vous un discours social-libéral ? "


 

 

Non, je ne suis pas social-libéral : je n’adhère pas à ce que représente ce courant de pensée. Mais je vous le dis tout net : je ne réfute pas mécaniquement ce vocable, "libéral". Et quand il s’applique à une doctrine politique,  au sens global, je crois même qu’un militant socialiste devrait le revendiquer. En revanche, ce qui est inacceptable pour un progressiste, c’est de hisser le "libéralisme" au rang de fondement économique et même sociétal, avec ses corollaires : désengagement de l’État et laisser-faire économique et commercial. Il est donc temps que nous cessions de nous acharner sur un mot, et que nous tournions le dos à cette triste époque de notre histoire collective, qui a vu une grande partie de la gauche française rejeter une constitution européenne au motif qu’elle aurait été "libérale". C’est d’autant plus absurde – et croyez bien que je ne suis pas inspiré par le goût du paradoxe, mais par celui de la vérité – que la gauche que je défends est par essence libérale. Quant au sarkozysme, ce bonapartisme modéré par la désinvolture – mais nous y reviendrons –, il est profondément antilibéral. Je le dis et je tente de le prouver.  Qu’est-ce que le libéralisme ? C’est une doctrine d’affranchissement de l’homme, née dans l’Europe des Lumières. C’est, comme son nom l’indique, une idéologie de la liberté, qui a permis l’accomplissement de grandes conquêtes politiques et sociales. Le principe en est simple : il n’y a pas d’oppression juste, il n’y a pas de chaîne qui ne doive être brisée, il n’y a pas de légitimité, ni donc de fatalité, à la servitude. Et le libéralisme, c’est dans le même temps l’idée que la liberté est une responsabilité, qu’être libre ce n’est pas faire ce que l’on veut mais vouloir ce que l’on fait. Au nom de cet héritage intellectuel- là, celui de Montesquieu, de John Locke, au nom de ceux qui ont su se dresser contre le confort mortel de l’habitude pour dire non, je suis libéral. Je suis libéral parce que j’aime la liberté. Pour moi-même : j’ai toujours voulu être un homme libre de toutes les puissances et de toutes les dominations. Et pour les autres : j’aime les peuples libres qui défient la rigueur de l’histoire, j’aime que, collectivement, s’exprime le désir d’avancer fièrement dans la voie que l’on s’est souverainement tracée. Et ce que je dis des peuples vaut pour les personnes. Chaque individu a droit au bonheur, et il a le droit de le rechercher par les moyens qu’il souhaite. Avec une seule limite, celle de l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme, qui définit l’idée que je me fais du libéralisme : "(...) l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits." Le libéralisme est donc d’abord une philosophie politique et j’y adhère. 


Ce sont les conservateurs qui l’ont dévoyé au service d’une idéologie du laisser faire économique et de la perpétuation des rentes et des privilèges dont ils bénéficient déjà. Au nom d’un principe de liberté, leur dessein est en réalité celui de l’immobilisme, qui prolonge leurs avantages et reproduit toujours les mêmes inégalités. C’est une supercherie à la fois intellectuelle et idéologique, dont la gauche ne doit pas, ne doit plus, s’accommoder. Je suis donc libéral ET socialiste. »


par Olivier GUILLARD
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Mercredi 21 mai 2008

L’affaire Elf, l’Angolagate, la rétrogradation ministérielle de JM Bockel, les reportages récents de France Télévision sur les « suspicions » de corruption et détournement d’argent public d’Omar Bongo Odimba et autres présidents membres du « syndicat des dictateurs soutenus par Paris », les actualités en République Centre-Africaine et au Tchad ne sont que les petites parties immergées d’un immense iceberg qui fait sombrer le continent africain depuis la vague décolonisation des années 1960 : la Françafrique. Angola, Togo, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Tchad, Comores, Gabon, Burkina Faso, Nigéria, Madagascar, Benin, Algérie, Tunisie, Maroc, Guinée, Niger, Djibouti, Mali, Centrafrique, Mauritanie, Guinée Equatoriale sont concernés.


 

Au Gabon, la politique françafricaine depuis De Gaulles soutient Omar Bongo Odimba, « président » depuis 40 ans, et protège son régime de corruption en veillant sur les intérêts des entreprises pétrolières (Elf, aujourd’hui Total). Sur les 13 milliards d’€ de pétrole exportés par an (ce qui explique que le PIB par habitant du Gabon soit un des plus importants sur le sol africain), seuls 2% reviennent dans les caisses de l’état et l’Espérance de Vie en Bonne Santé (EVBS, OMS) au Gabon s’élève à 54 ans, les dépenses de santé y sont à peine supérieures à 5%, la couverture vaccinale contre la polio des enfants de moins de 1 an est inférieure à 50% ce qui le classe dans les 10 pays les moins couverts. Le président du Gabon définit ainsi les relations franco-africaines: "L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant.". Au Nigeria, l'exploitation pétrolière a permis aux autorités d'encaisser plus de 223 milliards d'euros depuis les années 1970, et les compagnies pétrolières davantage ; et pourtant, les populations, vivent dans la pauvreté : pas de route, pas d'eau potable, pas d'électricité, pas d'écoles, pas d'hôpitaux, chômage rampant, etc… La corruption de l’élite d’un pays se lit dans son paysage.



En France, la politique africaine est loin d’être un modèle démocratique : elle n’est jamais débattue au parlement et est le fruit de la cellule africaine de l’Elysée. Cette cellule née pendant la vague de décolonisation a pour mission de « veiller à la sauvegarde des intérêts de la France en Afrique ». Son premier directeur fut M. Jacques Foccart, surnommé « Monsieur Afrique », homme de l’ombre de De Gaulles, Pompidou puis Chirac, considéré comme instigateur de nombreux coups d’état, proche du général Mobutu et mêlé à des affaires criminelles et d’espionnage. L’actuel directeur de la cellule, Bruno Joubert, est un ancien directeur stratégique de la DGSE et secrétaire général adjoint de l’Elysée. La politique franco-africaine est ainsi gérée comme une affaire privée sous influence militaire prégnante et, pour certains, de la Grande Loge Nationale Française franc-maçonnique (cf François-Xavier Verschave, président de l’association Survie et Claude Wauthier, journaliste au Monde Diplomatique).



« Pour 1€ apportée en Afrique, 2€ sont repris par ailleurs (entreprises pétrolières essentiellement)» selon l’ex-juge Eva Joly contre la corruption. Malgré ses promesses électorales, M. Nicolas Sarkozy s’est empressé de recevoir puis visité le président-dictateur gabonais Omar Bongo Odimba, symbole de la françafrique. Il semble indispensable de réformer dès maintenant une politique française vieille de 50 ans mettant à sac le continent africain. Cette réforme doit contenir :


1. Démantèlement de la cellule africaine de l’Elysée avec éclatement et transfert de ses « compétences » vers les différents ministères concernés (Affaires étrangères, Co-développement, etc…), plaçant ainsi le continent africain à égalité avec tout autre pays du globe


2. Mettre en place un co-développement à type de lutte contre la corruption favorisant la formation de juges, juristes et avocats spécialisés dans la lutte contre la corruption, en favorisant la création d’associations permettant le contrôle du fonctionnement financier des institutions publiques et enfin en appuyant les procédures chargées de ramener les fonds détournés dans leur pays d’origine.


3. Retrait des forces armées française du continent africain, remplacées par des casques verts ou bleus s’il est jugé nécessaire par l’Union Africaine ou l’ONU.


 

Une citation du New-York Times résume parfaitement l’opinion étrangère de la politique françafricaine : « Seul le continent africain donne à la France l'illusion d'être une grande puissance ».

par Olivier GUILLARD
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Dimanche 4 mai 2008

Caractéristiques démographiques :

 

La Turquie a la 36ième superficie mondiale avec ses 780 000 km² (1,15 fois la France, 7% de la superficie européenne). Elle compte 71 millions d’habitants (1/7 de plus que la population française). Elle est frontalière avec, entre autre, la Grèce, la Bulgarie, l’Iran, l’Irak ou encore l’Arménie. Sa croissance économique de 9,5% la hausse au 2ième rang mondial après la Chine.

 

Caractéristiques politiques :

 

+ Concept de laïcité :

 

Il n’y a pas de séparation stricte entre l’état et la religion mais le Ministère du Culte et des Financements assure la main-mise de l’Etat sur l’Islam en minimisant son pouvoir par contrôle de la construction des mosquées, des écoles coraniques, etc… A la mort d’Atatürk (1938), l’armée est désignée garante de la laïcité et respecte ses devoirs en réalisant 3 coups d’état en 1960, 1971 et 1980 et en chassant un gouvernement islamiste en 1997. En avril 2007, des cortèges de plus de 4 km de long à Istanbul, Izmir et autres grandes villes turques, soutenus par l’armée, déploient des drapeaux turcs gigantesques, des portraits d’Atatürk, et scandent des slogans en faveur de la laïcité. En mars 2008, un procureur de la République engage une procédure juridique pour l’interdiction du parti islamique modéré au pouvoir (AKP).

 

+ Institutions politiques : constitution de 1982

 

« L’Etat turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (cf Mustafa Kemal Atatürk). Il s’agit d’une république parlementaire où le parlement constitué de 550 députés est renouvelé tous les 5 ans au suffrage universel à la proportionnelle après avoir éliminé les partis réalisant un score inférieur à 10% au niveau national. Le parlement élit par majorité aux 2/3 le président pour 7 ans, qui désigne alors au sein des députés un 1er ministre chargé de proposer un gouvernement qui devra être accepté par la majorité des députés. Si aucun candidat à la présidence n’obtient les 367 voies requises, des élections parlementaires anticipées sont organisées.

 

 

Chronologie Turquie et UE : l’UE a trop promis et trop exigé pour faire marche arrière

 

1952 : adhésion à l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN) puis au Conseil de l'Europe

1963 : accord d’association avec la CEE

1970 : signature d’un accord prévoyant à terme l’adhésion à part entière de la Turquie au bloc européen

1989 : la commission européenne déclare la Turquie éligible à une candidature

1995 : la Turquie entre dans l’union douanière européenne

1999 : sommet d’Helsinki : l’UE reconnaît à la Turquie le statut de candidat

2001 : modification de la constitution turque pour remplir les critères politiques fixés par l’UE

 

 

Nouveau marché économique à fort potentiel :

 

La situation géographique de la Turquie en fait un carrefour incontournable pour l’import-export entre l’Europe et l’Orient permettant ainsi une multiplication des relations commerciales de l’UE avec l’Est à moindre coup. La jeune république, réputée pour son savoir-faire touristique et son textile, est également spécialisée dans l’assemblement de pièces détachées à partir de matière 1ère importée. Elle est un réservoir de main d’œuvre qualifiée issue d’université pour la plupart de niveau supérieur aux universités françaises, d’ingénieurs performants. Elle est le lieu d’une médecine de pointe (ophtalmologie). Certaines grandes entreprises françaises prévoyantes s’y sont déjà implanté : Carrefour, Danone, Renault, Peugeot… Avec une consommation en constante augmentation (9,5% en 2004, 2ième rang mondial après la Chine), l’intégration de la Turquie permettra de relancer une consommation européenne stagnante.

 

Force géopolitique stratégique majeure :

 

La Turquie est un double carrefour : UE / Orient et tradition judéo-chrétienne / musulmane. Elle est une des rares républiques démocratiques laïques et le seul pays musulman laïc. Elle accueille l’oléoduc conjointement avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie qui transporte le pétrole de la mer caspienne vers l’UE en contournent la Russie et l’Iran. Sa richesse en eau, sa puissance militaire (3ième mondiale) et ses alliés (Israël et USA excepté lors de la guerre en Irak) lui permettent de jouer un rôle stratégique au Proche et Moyen-Orient. L’intégration de la Turquie dans l’UE permettrait à l’UE d’avoir un poids considérable dans les relations avec des pays stratégiquement clés tels que l’Irak, l’Iran et Israël / Palestine notamment.

 

 

Une histoire culturelle et idéologique commune :

 

Troie, Ephèse, l’Empire romain, le berceau du christianisme, Byzance / Constantinople / Istanbul sont autant de notions historiques communes à l’UE et à la Turquie. De plus, l’occupation ottomane de l’Europe centrale pendant 4 siècles et la tradition commerçante ont pour conséquence que 40% de la population turque a une origine européenne (famille Balladur notamment, émigrée d’Izmir en 1935). Depuis Atatürk le pays a commencé une longue marche vers l’européanisation des domaines juridiques (code pénal calqué sur le modèle suisse), administratifs, économiques, universitaires (réforme LMD) et laïcs. On note aussi la similitude du mode vestimentaire, des loisirs, de l’alimentation…

 

 

Des valeurs européennes :

 

1918 : empire ottoman divisé et mis sous tutelle de plusieurs nations européennes (France, UK)

29 octobre 1923 : proclamation d’indépendance et naissance de la république démocratique turque

1924 : suppression des écoles religieuses et des tribunaux islamiques

1925 : remplacement de la charia par un code civil, pénal et commercial calqués sur ceux de la Suisse

1925 : interdiction du port du voile dans les administrations et les écoles publiques gratuites et obligatoires

1934 : droit de vote des femmes (soit 11 ans avant la France !!!)

1987 : la Turquie reconnaît à ses citoyens le droit de porter plainte auprès de la commission européenne des droits de l’homme

2004 : abolition de la peine de mort (dernière exécution en 1984), sanctions exemplaires contre la torture

2004 : levée de l'état d'urgence au Kurdistan, autorisation de l'enseignement du kurde, libération de prisonniers d’opinion (kurdes)

 

 

Conséquences bénéfiques pour la Turquie :

 

Une entrée de la Turquie dans l’UE permettra de renforcer ses processus de démocratisation, de laïcisation et de défense des droits humains. Elle facilitera aussi son essor économique comme dans le passé pour le Portugal et les pays d’Europe de l’Est.

 

 

Après de nombreux efforts républicains et d’européanisation non reconnus la Turquie a aujourd’hui a le choix entre 4 options : renouer avec l’Islam en souvenir de l’Empire Ottoman et de son passé glorieux, accepter les propositions qui lui sont faites de rejoindre l’ALENA (union économique entre les USA, le Canada et le Mexique) ou l’Union des pays musulmans, ou enfin être acceptée au sein de l’UE. Ces délicates attentions que lui montrent différentes organisations internationales intergouvernementales le montrent bien : son économie à fort potentiel, sa force géopolitique stratégique, sa culture et bien d’autres atouts en font une candidate idéale pour l’UE.

par Olivier GUILLARD
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