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Que des gens de droit(e) me renvoie à l’arsenal juridique de l’auto-détermination des états quand je leur parle de droit d’ingérence ne m’étonne guère. Que des camarades socialistes en fassent autant, cela commence à me chafouiner (suis-je alors socialiste ?!). Quand un autre camarade socialiste en qui j’ai par ailleurs beaucoup de respect politique (et autre) me déclare qu’il pense que l’occident doit arrêter le co-développement au profit de l’intégration des étrangers en Union Européenne pour des raisons économiques me titille encore plus. J’ai donc décider de faire un argumentaire en faveur du co-développement tel que je le vois, en commençant par un état des lieux sur le monde tel que je le vois, et malheureusement je ne suis pas le seul à le voir de cette façon.
Un constat simple aujourd’hui montre que la situation sanitaire et sociale dans la plupart des PVD du monde est directement liée à la famine et la pauvreté, étant elle-même les conséquences majoritairement de l’insécurité et de la corruption. C’est en tout 300 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition chronique dans le monde (selon l’UNICEF) entraînant des maladies comme le marasme, le kwashiorkor, le scorbut ou encore le béribéri, et donc responsable d’un surcroît de pauvreté entraînant à son tour la famine et la malnutrition. Aujourd’hui, la République Centre Africaine, ancien grenier de l’Afrique alimenté par le riz, les céréales, le manioc ou les arachides sur des terres fertiles, voit plus d’un enfant de moins de 5 ans mourir de malnutrition toutes les 30 minutes, l’espérance de vie en bonne santé (EVBS) y est de 37 ans. Pourquoi ? La RCA est le siège d’une lutte de pouvoir et de corruption. Autre exemple, aujourd’hui, la Sierra Leone est officiellement le pays « le moins développé » au monde avec un Indice de Développement Humain s’élevant à 0,275 et l’EVBS à 33 ans soit la plus faible sur la planète (selon l’Organisation Mondiale de la Santé). Pourquoi ? Depuis son indépendance en 1961 les différentes ethnies sont en lutte permanente pour prendre le pouvoir provoquant une instabilité politique majeure par succession de coups d’états militaires ; la corruption détourne les revenus nationaux obtenus par exportation d’or et de diamant. Une guerre civile particulièrement violente pour le contrôle des mines de diamant du nord du pays a été responsable d’environ 200 000 morts et 2 millions de déplacés de 1991 à 2002. Cette insécurité provoque la destruction des récoltes et des semences, la dispersion du bétail, un manque d’eau potable, l’ensemble entraînant malnutrition, famine et épidémies, mais aussi des violences envers les femmes, l’enrôlement d’enfants soldats, etc... Au Gabon, la politique françafricaine depuis De Gaulles (sans n’épargner aucun président) soutient Omar Bongo, « président » depuis 40 ans, et protège son régime de corruption en veillant sur les intérêts des entreprises pétrolières (Elf, aujourd’hui Total). Sur les 13 milliards d’€ de pétrole exportés par an (ce qui explique que le PIB par habitant du Gabon soit un des plus importants sur le sol africain), seuls 2% reviennent dans les caisses de l’état et l’EVBS au Gabon s’élève à 54 ans, les dépenses de santé y sont à peine supérieures à 5%, la couverture vaccinale contre la polio des enfants de moins de 1 an est inférieure à 50% ce qui le classe dans les 10 pays les moins couverts. Au Nigeria, l'exploitation pétrolière a permis aux autorités d'encaisser plus de 223 milliards d'euros depuis les années 1970, et les compagnies pétrolières davantage. Et pourtant… Et pourtant, « les populations, vivent dans la pauvreté : pas de route, pas d'eau potable, pas d'électricité, pas d'écoles, pas d'hôpitaux, chômage rampant, etc… » (selon le Monde Diplomatique). L’opposition, las des défilés pacifiques inefficaces, prend les armes et organise un terrorisme par kidnappings et rançons pour compenser le manque à gagner de la population par le terrorisme pétrolier de la corruption. L’EVBS s’élève à 41 ans, soit la 26ième plus faible sur les quelques 200 pays membres des Nations Unies. Haïti : 1 enfant sur 5 meurt avant 5 ans d’une maladie évitable, l’EVBS est de 43 ans. Irak : 1 million d’enfants déplacés, 1 enfant sur 3 atteint de malnutrition. Angola : EVBS de 32 ans, Burundi : 33 ans, Lesotho : 33 ans, République Démocratique du Congo : 35 ans…
A partir de ce constat il me semble que les priorités de l’assistance humanitaire sont de 3 types dans les pays en crise : la 1ère est l’assistance sanitaire par le biais de la médecine d’urgence, la 2nde est le rétablissement de la sécurité par le biais du droit d’ingérence et les casques bleus, véritables gendarmes du monde, et la 3ième la lutte contre la corruption notamment par le biais du droit international et donc de la Cour Internationale de Justice. Ces 3 luttes sont indissociables, l’une étant obsolète en absence des autres.
En ce qui concerne la lutte contre l’insécurité mondiale et le droit d’ingérence (mon « Wonderwall » personnel), pour couper court à l’argument juridique, il me semble nécessaire de faire remarquer à mes chers juristes qu’aujourd’hui le droit classique humanitaire international (branche du droit international public) relatif aux droits des états et se référant aux droits de Genève et de La Haye est mis en ballottage défavorable par le droit moderne, dit de New-York, relatif au droit des peuples et prenant appui notamment sur le droit d’ingérence. Je pense qu’il est venu le temps de remettre en cause l’éthique des soi-disant bien-pensants en faveur du droit le plus fondamental : le droit à la vie (Article 3 de la DUDH de 1948 : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne »). D’autre part, on pourra me reprocher autant qu’on le désire de reprendre des éléments historiques et de les remodeler pour les prendre comme arguments, mais en toute objectivité, quelle différence entre les génocides religieux, les camps de concentration et d’extermination, les charniers humains nazis et ceux qui ont été retrouvés en Bosnie en 1992 ou au Kosovo fin 1999 ? J’aimerai que mes camarades m’expliquent : est-ce la différence religieuse, la différence d’ethnie, l’éloignement géographique, la différence de couleur de peau, la pauvreté, ou que sais-je encore, peut-être existe-t-il un quota à partir duquel une intervention armée est légitimée ? pourtant aujourd’hui, qui oserait remettre en cause l’intervention militaire des alliés contre le national socialisme ?! et le Rwanda 1994, son génocide à la machette et son lot d’atrocités (avortement arbitraire à la machette par exemple précédant le massacre de la mère et des enfants de la famille puis du père) ? et l’Irak, les génocides kurdes et shiites ? pourquoi certains peuples auraient droit à une protection et d’autres non ? Si l’insécurité est une cause de suppression de la vie et de misère, alors il faut la combattre. La combattre non pas en faisant du porte à porte en vendant des scoubidous, mais la combattre activement, par le biais des casques bleus et leurs dérivés. L’idéal serait même, de mon point de vue, une aide financière et matérielle efficace apportée par l’ONU, par exemple aux casques verts de l’Union Africaine, pour qu’ils règlent eux-mêmes les questions de sécurité continentale plutôt que le déploiement d’une force mondiale. Empiriquement, la thèse du droit d’ingérence tend à être efficace : l’absence d’intervention armée n’enraye pas les génocides (Darfour), certains conflits en absence de casques bleus s’enlisent dans des situations désastreuses (Irak), alors que les chiffres du droit d’ingérence sont formels : la Bosnie pour laquelle l’intervention internationale a été trop tardive où on a compté 250 000 victimes ; Sarajevo où l’intervention a été plus précoce mais tout de même trop tardive où l’on a compté 15 000 morts ; et enfin, la Macédoine, le plus récent, où le droit d’ingérence a été pris par la communauté internationale à titre préventif sous forme d’un déploiement de 800 casques bleus, qui n’a subit aucune guerre. Alors expliquez moi.
Autre sujet polémique : ma vision du co-développement. Depuis 1967 et la guerre du Biafra (état sécessionniste de 1967 à 1970 situé dans le Sud Est du Nigeria), les Organisations Non Gouvernementales de médecine humanitaire se sont largement développées, Médecins Sans Frontières en tête de liste. En effet, lors du conflit sécessionniste, l’ONU sous couvert de l’autodétermination des états ne pouvant intervenir, le Nigeria ne respectant pas les conventions de Genève et de La Haye concernant la Croix-Rouge, la nécessité s’est faite de développer des organisations indépendantes avec une souplesse et un champ d’action plus importants. Ainsi, ces ONG essaient aujourd’hui de rétablir le droit fondamental à la santé. Cependant il me semble qu’aujourd’hui nombre de ces associations dépassent leurs rôles et agissent, non intentionnellement bien sûr, à l’encontre des peuples. Certes, établir la meilleure couverture vaccinale qui soit est indispensable, certes lutter contre la malnutrition mortelle l’est également. Mais en contrepartie, il me semble que construire des écoles et des dispensaires de 2nde intention, n’est pas de notre ressort, bien que je pense très fortement comme tout occidental que le développement de ces pays doit passer par là (mais est-ce juste ? cela ne reste qu’un point de vue occidental…). Je m’explique. Au nom de l’auto-détermination des peuples, et dans la mesure où les fonds nécessaires sont présents sur les territoires, il me parait invraisemblable que ce soit les ONG occidentales qui déterminent le plan de développement humain des PVD(; aujourd’hui ce sont les ONG qui proposent les structures de développement, ou pire, comme ce sont elles qui possèdent les fonds nécessaires elles ont le pouvoir d’accepter ou refuser des propositions de la population locale). En effet, comme je l’ai expliqué précédemment pour le Gabon, le Nigeria ou la RCA, nombreux PVD possèdent des ressources naturelles comme le pétrole, les diamants ou l’agriculture. Le PIB est important (ou pourrait l’être dans le cas de la RCA) mais les fonds sont détournés par la corruption. Il est habituel de dire que la corruption de l’élite d’un pays se lit dans son paysage. Ainsi, il me semble que le co-développement doit en priorité passer par la lutte contre la corruption. Plutôt que de dépenser l’argent occidental à construire des écoles, dépensons le en favorisant la formation de juges, juristes et avocats spécialisés dans la lutte contre la corruption, en favorisant la création d’associations permettant le contrôle du fonctionnement financier des institutions publiques, en appuyant les procédures chargées de ramener les fonds détournés dans leur pays d’origine. Ainsi, l’argent détourné pourra revenir dans les caisses de l’état et être utilisé pour le peuple et surtout de la façon dont le peuple estime être le meilleur pour lui, respectant ainsi le principe d’auto-détermination des peuples (pourquoi pas des écoles, des hôpitaux, etc). La Norvège, grand producteur pétrolier qui n’a donc pas d’intérêts à défendre sur le continent africain, a compris cela et l’applique en Afrique du Sud ou au Mozambique avec des résultats prometteurs. En contrepartie, concernant les pays où les richesses territoriales sont inexistantes, il est alors du devoir des pays riches de subvenir aux besoins du développement de la société. Il me semble également utile de lutter contre une autre forme de corruption, la politique françafricaine que l’on assimile plus ou moins à tort à Jacques CHIRAC. En effet, elle est née sous De Gaulles et perpétuée par Pompidou, VGE, Mitterrand, accentuée il est vrai par Chirac et « en début de régression » (on va dire, soyons optimistes) depuis l’arrivée de Sarkozy. En effet, « pour 1€ apportée en Afrique, 2€ sont repris par ailleurs (entreprises pétrolières essentiellement)» selon l’ex-juge Eva Joly contre la corruption, haute fonctionnaire du ministère norvégien du développement depuis 2002. C’est cela, pour moi, respecter la liberté des peuples.
En conclusion, voilà deux sujets internationaux d’actualité importants qui j’espère vont être à l’origine d’un débat, notamment au sein du Parti Socialiste. J’estime, peut être à tort, que le fait de repousser le droit d’ingérence est une atteinte au droit à la vie, que continuer le processus de développement tel qu’il est actuellement est non seulement une atteinte aux libertés et à l’auto-détermination des peuples mais aussi un gâchis financier, chaque euro généreusement offert étant 1€ dépensé en moins par les responsables des états qui détournent les fonds publics et une motivation en moins des peuples à destituer leurs dirigeants corrompus. Vous l’aurez compris : à vos claviers !!!
Qu’est-ce que la sécurité sociale ? Sources : Comptes de la protection sociale, Drees, 2005
La protection sociale est une assurance prévoyance fondée sur le principe de solidarité permettant d’apporter un soutien à chaque citoyen dont la situation sociale s’est modifiée soit par augmentation de ses besoins (parentalité), soit en diminuant ses ressources (maladie, licenciement, retraite…).
En France, la protection sociale est divisée en 4 branches qui assurent chacune un risque social spécifique :
- le risque santé : garantie par l’intermédiaire de la sécurité sociale un accès démocratique aux soins et une couverture des dépenses de soins égalitaire face à la maladie ou à une interruption temporaire de travail forcée
- le risque vieillesse et survie : assure le remplacement des travailleurs âgés pour laisser la place aux jeunes actifs tout en leur permettant un niveau de vie suffisant
- le risque famille et logement : a pour objectif d’atteindre un taux de fécondité > 2,1 enfants par femme afin d’assurer le renouvellement de la population active, d’augmenter le pool de main d’œuvre disponible et de maintenir la cohésion sociale
- le risque chômage et la lutte contre l’exclusion sociale
La protection sociale est financée par :
- des cotisations prélevées sur les salaires (2/3 à la charge patronale, 1/3 à la charge de l’employé) 67%
- des impôts et des taxes (Contribution Sociale Généralisée, Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) 17%
- des contributions publiques, c'est-à-dire des aides de l’état et des collectivités territoriales 13%
- des produits financiers 4%
- autres…
La dépense totale est évaluée à 500,593 milliards d’euro par an, ce qui équivaut au triple du Produit National Brut ou à 10% du Produit International Brut. La sécurité sociale représente environ 35% de ces dépenses. En France, le secteur santé représente 10% des emplois, dont 1,2 millions rien que dans le service public hospitalier.
La sécurité s’engage entre autre à rembourser chaque citoyen français les services de santé dont il a besoin :
- elle rembourse la consultation chez le médecin à hauteur de 65%, soit 14€ sur 21€
- elle rembourse les médicaments de 35 à 65% selon leur efficacité et leur innovation
- elle rembourse partiellement les hospitalisations, les transports sanitaires, la rééducation, les soins infirmiers, etc…
donc le reste des dépenses est à la charge du citoyen, pris en charge par son assurance complémentaire de santé s’il y a souscrit
Comme pour les retraites, il existe différentes caisses d’assurance maladie. La caisse du régime générale s’appelle la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) à l’échelle nationale et Caisse Primaire d’Assurance Maladie à l’échelle départementale (CPAM). Il existe des régimes spéciaux, pour les étudiants notamment.
En 2004, le ministre DOUSTE-BLAZY a mis en place une réforme de la sécurité sociale à partir d’une enquête confiée à M. CHADELAT, ancien dirigeant d’une chaîne d’assurance privée, par JF MATTEI, ministre de la santé du gouvernement RAFFARIN. Le rapport CHADELAT 2003 préconise à terme un système à 3 étages :
- une Assurance Maladie Obligatoire (AMO) constituant un « périmètre de soins et de biens médicaux » (PSBM) remboursables à 100%
- un co-financement AMO / Assurance Maladie de Base Facultative (AMBF) pour un « PSBM » de 2nd degré avec incitation fiscale pour la souscription à l’AMBF
- une assurance privée surcomplémentaire sans aide fiscale pour le reste des soins
La réforme a instauré entre autre :
+ Une nouvelle gestion des instances nationales de la sécurité sociale :
Ces dernières sont désormais représentées par :
- l’UNCAM, dont le directeur est directement nommé par l’état et qui est composée de représentants des différentes caisses d’assurance maladie (CNAM, MSA et CANAM), majoritairement issus des syndicats d’employeurs
- l’UNOCAM, composée de représentants des assurances privées
+ Une nouvelle organisation du parcours de soin et du système de remboursement en mettant en place :
- un parcours de soins coordonné par le médecin traitant gate-keeper par qui le passage est obligatoire pour être remboursé par la sécurité sociale
- un Dossier Médical Personnalisé consultable par tous les médecins à qui vous confiez votre carte vitale
- une chasse aux arrêts maladies et accidents de travail non justifiés
- une modification de la carte vitale pour lutter contre les fausses cartes
- une remise en cause des Affections Longues Durées jusque là remboursées à 100% pour une meilleur prise en charge
+ Un nouveau financement consistant en :
- un ticket modérateur d’1€ à chaque consultation, à la charge du patient, remboursé ni par la sécurité sociale ni par les complémentaires de santé
- un projet de 160€ de franchise annuelle, à la charge du patient, remboursée ni par la sécurité sociale ni par les complémentaires de santé
- une multiplication par 6 du forfait hospitalier à la charge du patient non remboursé (3€ en 1983 / 17€ en 2007)
- une franchise de 18€ sur chaque acte hospitalier dépassant 91€, remboursée ni par la sécurité sociale ni par les complémentaires de santé
- une hausse de la CSG, notamment à hauteur de 0,4 points sur les retraites et les indemnités chômage imposables
- une hausse de la CRDS de 30%
Fonctionnement d’une franchise : par exemple, on fixe une franchise de 40€/an sur les consultations chez le généraliste. Lors de chacune des 40 premières consultations de l’année, le patient déboursera 1€ (en plus des 1€ du ticket modérateur) remboursé ni par la sécurité sociale ni par sa complémentaire santé. Après 40 consultations (40 fois 1€, soit 40€), le patient ne déboursera plus ces 1€ par consultation.
+ Positives :
- système gate-keeper favorise une meilleure organisation du système
- Dossier Médical Personnalisé : meilleure organisation
- chasse aux arrêts maladies et accidents de travail non justifiés : bon principe, mais agir sur leur prévention serait plus efficace
- modification de la carte vitale : bon principe, mais 10 millions de fausses cartes selon le ministère / 400 selon la CNAM…
+ Négatives :
Dossier Médical Personnalisé : risque d’atteinte au secret médical notamment par les assurances privées
(théorique mais bon…)
Accentuation d’une médecine à 2 vitesses :
- par le système gate-keeper :
multiplication des consultations généralistes
donc allongement exponentiel des délais d’attente pour obtenir une consultation
favorisé par la pénurie de médecin à l’échelle nationale
donc les usagers financièrement favorisés pourraient se permettre de défier le système en consultant directement leurs spécialistes sans être inquiété du non remboursement total de sa consultation
Rq : idem en cas de déconventionnement des médecins urbains pour favoriser l’installation en campagne
- par le ticket modérateur et autres franchises :
pénalisent ceux qui sont le plus souvent malades
or un des FdR de maladie est l’appartenance à une classe socio-économique défavorisée
donc atteint les plus modestes ne bénéficiant pas des aides (seuls les exclus sociaux ont une exonération des franchises)
Libéralisation du système de santé :
favorisée par :
- l’irruption forte de l’état et des assurances privées à la gouvernance nationale au détriment des salariés et des associations d’usagers
- la diminution des dépenses publiques / augmentation du financement privé
Il est à noter que les pays s’étant doté de couvertures maladies privatisées (Etats-Unis, Pays-Bas) sont les pays de l’OCDE dont les déterminants de santé, c'est-à-dire l’espérance de vie ou la mortalité infantile etc, sont les plus bas
Rapport Chadelat 2003 :
- seuls les plus aisés pourraient bénéficier de l’assurance surcomplémentaire ;
- l’incitation fiscale pour la souscription à l’AMBF aurait plus d’impact sur les foyers aisés ayant un taux d’imposition plus conséquent ;
- les conditions socio-économique défavorables étant un facteur de risque majeur de maladies, les assurances privées n’accepteront pas de les prendre en charge
(les accidents de voiture étant plus fréquents chez les jeunes, les assurances automobiles refusent d’assurer les jeunes conducteurs ; les décès étant privilégiés chez les personnes âgées ou malades, les banques leur accordent plus difficilement des prêts)
Effets pervers sur les dépenses de santé :
l’augmentation du coût pénalise un accès précoce aux soins
donc nouvelle augmentation du coût de santé + dégradation de l’état de santé des citoyens et donc de leur productivité
(il est plus rentable de prendre en charge une hépatite alcoolique précoce que d’attendre le stade de cirrhose hépatique voir de carcinome hépatocellulaire)
Il est à noter que la cour des comptes a officiellement désavoué ce plan de redressement en 2006.
PROPOSITIONS ALTERNATIVES
A. Quelles mesures :
+ Réorganisation du système de soins :
- agir sur la santé en amont du système de soins :
centrer le système sur la prévention, par exemple des accidents du travail, maladies cardio-vasculaires, risques de chutes (40% des placements de personnes âgées sont secondaires à des chutes) et accidents de la route qui chaque année représentent des dépenses considérables évitables.
aujourd’hui la prévention intéresse moins de 2% de la CSBM
agir sur l’environnement, les conditions socio-économiques et les modes de vie sans entraver les libertés individuelles
- augmenter le remboursement de base (aujourd’hui à 91% pour l’hôpital, à 65% le médecin, à 60% les médicaments) voir gratuité des soins pour les plus modestes afin d’obtenir un accès précoce aux soins et limiter l’aggravation du phénomène de renoncement aux soins pour raisons financières (passé de 25% à 15% de la population depuis la CMU de Martine Aubry du 27 juillet 1999) : déjà mise en place dans les pays scandinaves, la gratuité des soins n’a pas été source de dépenses supplémentaires étant donné que les soins apportés à une pathologie débutante sont moindres que ceux nécessités par une pathologie évoluée et compliquée
- instaurer une complémentarité plutôt qu’une rivalité entre médecine de ville / hôpitaux publics passant par une meilleur coordination et le développement des réseaux communs de santé identiques au réseau SIDA
+ Responsabilisation des acteurs sociaux :
- responsabiliser l’usager dès son plus jeune âge en intégrant l’apprentissage du fonctionnement de système de soins et de la protection sociale en général dans le programme d’enseignement secondaire
- Formation Médicale Continue obligatoire indépendante des laboratoires pharmaceutiques comprenant les Bonnes Pratiques Cliniques de la Haute Autorité de Santé
- AFPS obligatoire pour tous
- emploi / formation de 40 000 infirmières et 9000 médecins par an pour pallier aux aberrations démographiques, avec un tronc commun de 1ère année développant la communication et les sciences humaines, sociales et économiques
+ Limiter la CSBM :
- instaurer une politique du médicament :
contrôle public et social sur les industries pharmaceutiques
promotion des génériques
- rétribution des médecins généralistes et spécialistes libéraux au forfait par pathologie et non à l’acte
- revalorisation des honoraires des spécialités mal payées (pédiatrie) et dévaluation des spécialités favorisées (radiologie) dont l’écart de rémunération est injustifiée, avec une enveloppe globale moindre
- substituer le médecin par un technicien supérieur de santé quand c’est possible
- « traquer » et éviter la récidive des abus des assurés
- revoir la politique de remboursement des transports ambulanciers
+ Remettre en place une démocratie sanitaire et sociale :
- favoriser l’accès aux soins (transports, etc)
- lutter contre la privatisation et les inégalités sociales pour un accès démocratique aux soins
- réhabilitation des élections des administrateurs des caisses d’assurance maladie
- droits nouveaux pour les salariés et les malades au niveau de la gouvernance des caisses
B. Avec quel financement :
- revalorisation progressive des salaires à commencer les plus modestes
donc augmentation des recettes par cotisations / augmentation des recettes par taxes en favorisant le pouvoir d’achat
- mettre en place des cotisations sur une partie des 80 milliards d’€ de profits des entreprises françaises qui échappent chaque année aux cotisations sociales de solidarité nationale
- suppression progressive des exonérations patronales
réalisent un manque à gagner pour la sécurité sociale de 23 milliards d’€ par an n > 2 fois le déficit de la sécu
instaurées pour favoriser la création d’emploi à la fin des années Mitterrand et qui n’a empiriquement jamais montré son efficacité
- réaffectation des taxes sur le tabac et les alcools (15 milliards d’€) au budget de santé national
Tous les partis et forces politiques ayant appelé à voter contre le TCE en 2005 réclament à nouveau aujourd’hui un referendum. Sauf le Parti Socialiste, qui appelle à voter oui à l’Assemblée Nationale et au Sénat malgré le vote massif du non de sa base en 2005. Pour certains journalistes dont Bernard Cassen du Monde Diplomatique, le retournement de veste depuis les présidentielles a une explication toute trouvée : la direction du PS est un « vivier de futurs ministres d’ouverture ». Etant déjà peu engagé (voir pas du tout) lors de la campagne présidentielle aux côtés de Ségolène Royal, quand je vois a posteriori que la candidate ne croyait pas au projet et que la direction du parti va à l’encontre de la proposition 98 du projet socialiste qui affirmait la légitimité d’un referendum à propos du TFUE, je me dis qu’il est sûrement moins mauvais pour le socialisme que la candidate affiliée PS ait perdu ces élections. Franchement, j’en ai marre de voir le PS courir derrière une Europe Sociale qui s’éloigne de plus en plus chaque jour, à quoi ça rime ?!
Pourquoi il n’y aura pas de referendum à propos du TFUE ? Voici les deux principaux arguments de Nicolas Sarkozy : le premier est de dire que le TCE imposait un referendum car c’était une constitution, le TFUE ne l’étant pas il n’en nécessite pas. Or le TCE « n’était pas une constitution au sens juridique du terme » explique Jean-Luc DEHAENE, ancien 1er ministre belge et vice-président de la convention pour l’avenir de l’Europe. Le deuxième argument part du principe que ce traité fait consensus donc le referendum est inutile ; alors pourquoi perdre une occasion de le vérifier en consultant les citoyens européens ?! Car on peut dire qu’il existe une véritable fracture entre l’Union Européenne et ses citoyens : chaque décision est prise sans tenir compte de ces derniers. Les gouvernements ratifient entre eux les traités et minent la légitimité de l’Europe, entérinent des politiques européennes néo-libérales puis se dédouanent des effets nationaux en affirmant « c’est de la faute de l’Europe ».
Rappelons, pour anecdote, que le mini-traité simplifié de Sarkozy (TFUE) tient tout de même en 256 pages, comporte plus de 300 modifications du traité de Rome, plus de 60 modifications du traité de Maastricht, des protocoles, des déclarations… l’orientation générale tourne autours de la néo-libéralisation, de la concurrence libre et non faussée (protocole 6), des relations intolérables avec le Sud, la privatisation, la remise en cause du service public (l’UE peut légiférer sur les services publics alors appelés Service d’Intérêt Economique Général dans l’article 14, reconnaît donc leur légitimité, mais les soumet aux règles de la concurrence dans les articles 86 et 87), mais également toujours le même frein au rejet total du traité, le seul et unique point positif : il ré-affirme les dispositions institutionnelles du TFC.
En conclusion, l’ultime citation du président de la République au parlement européen de Strasbourg qui me conforte dans le camp du oui pour un referendum et du non pour le traité : « Un vote négatif se produirait dans tous les états membres si un referendum y était organisé ». Curieuse façon d’expliquer que le traité fait consensus… et curieuse façon de convaincre le Parti Socialiste…
Olivier GUILLARD
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