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Dimanche 4 mai 2008

Caractéristiques démographiques :

 

La Turquie a la 36ième superficie mondiale avec ses 780 000 km² (1,15 fois la France, 7% de la superficie européenne). Elle compte 71 millions d’habitants (1/7 de plus que la population française). Elle est frontalière avec, entre autre, la Grèce, la Bulgarie, l’Iran, l’Irak ou encore l’Arménie. Sa croissance économique de 9,5% la hausse au 2ième rang mondial après la Chine.

 

Caractéristiques politiques :

 

+ Concept de laïcité :

 

Il n’y a pas de séparation stricte entre l’état et la religion mais le Ministère du Culte et des Financements assure la main-mise de l’Etat sur l’Islam en minimisant son pouvoir par contrôle de la construction des mosquées, des écoles coraniques, etc… A la mort d’Atatürk (1938), l’armée est désignée garante de la laïcité et respecte ses devoirs en réalisant 3 coups d’état en 1960, 1971 et 1980 et en chassant un gouvernement islamiste en 1997. En avril 2007, des cortèges de plus de 4 km de long à Istanbul, Izmir et autres grandes villes turques, soutenus par l’armée, déploient des drapeaux turcs gigantesques, des portraits d’Atatürk, et scandent des slogans en faveur de la laïcité. En mars 2008, un procureur de la République engage une procédure juridique pour l’interdiction du parti islamique modéré au pouvoir (AKP).

 

+ Institutions politiques : constitution de 1982

 

« L’Etat turc est républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (cf Mustafa Kemal Atatürk). Il s’agit d’une république parlementaire où le parlement constitué de 550 députés est renouvelé tous les 5 ans au suffrage universel à la proportionnelle après avoir éliminé les partis réalisant un score inférieur à 10% au niveau national. Le parlement élit par majorité aux 2/3 le président pour 7 ans, qui désigne alors au sein des députés un 1er ministre chargé de proposer un gouvernement qui devra être accepté par la majorité des députés. Si aucun candidat à la présidence n’obtient les 367 voies requises, des élections parlementaires anticipées sont organisées.

 

 

Chronologie Turquie et UE : l’UE a trop promis et trop exigé pour faire marche arrière

 

1952 : adhésion à l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN) puis au Conseil de l'Europe

1963 : accord d’association avec la CEE

1970 : signature d’un accord prévoyant à terme l’adhésion à part entière de la Turquie au bloc européen

1989 : la commission européenne déclare la Turquie éligible à une candidature

1995 : la Turquie entre dans l’union douanière européenne

1999 : sommet d’Helsinki : l’UE reconnaît à la Turquie le statut de candidat

2001 : modification de la constitution turque pour remplir les critères politiques fixés par l’UE

 

 

Nouveau marché économique à fort potentiel :

 

La situation géographique de la Turquie en fait un carrefour incontournable pour l’import-export entre l’Europe et l’Orient permettant ainsi une multiplication des relations commerciales de l’UE avec l’Est à moindre coup. La jeune république, réputée pour son savoir-faire touristique et son textile, est également spécialisée dans l’assemblement de pièces détachées à partir de matière 1ère importée. Elle est un réservoir de main d’œuvre qualifiée issue d’université pour la plupart de niveau supérieur aux universités françaises, d’ingénieurs performants. Elle est le lieu d’une médecine de pointe (ophtalmologie). Certaines grandes entreprises françaises prévoyantes s’y sont déjà implanté : Carrefour, Danone, Renault, Peugeot… Avec une consommation en constante augmentation (9,5% en 2004, 2ième rang mondial après la Chine), l’intégration de la Turquie permettra de relancer une consommation européenne stagnante.

 

Force géopolitique stratégique majeure :

 

La Turquie est un double carrefour : UE / Orient et tradition judéo-chrétienne / musulmane. Elle est une des rares républiques démocratiques laïques et le seul pays musulman laïc. Elle accueille l’oléoduc conjointement avec l’Azerbaïdjan et la Géorgie qui transporte le pétrole de la mer caspienne vers l’UE en contournent la Russie et l’Iran. Sa richesse en eau, sa puissance militaire (3ième mondiale) et ses alliés (Israël et USA excepté lors de la guerre en Irak) lui permettent de jouer un rôle stratégique au Proche et Moyen-Orient. L’intégration de la Turquie dans l’UE permettrait à l’UE d’avoir un poids considérable dans les relations avec des pays stratégiquement clés tels que l’Irak, l’Iran et Israël / Palestine notamment.

 

 

Une histoire culturelle et idéologique commune :

 

Troie, Ephèse, l’Empire romain, le berceau du christianisme, Byzance / Constantinople / Istanbul sont autant de notions historiques communes à l’UE et à la Turquie. De plus, l’occupation ottomane de l’Europe centrale pendant 4 siècles et la tradition commerçante ont pour conséquence que 40% de la population turque a une origine européenne (famille Balladur notamment, émigrée d’Izmir en 1935). Depuis Atatürk le pays a commencé une longue marche vers l’européanisation des domaines juridiques (code pénal calqué sur le modèle suisse), administratifs, économiques, universitaires (réforme LMD) et laïcs. On note aussi la similitude du mode vestimentaire, des loisirs, de l’alimentation…

 

 

Des valeurs européennes :

 

1918 : empire ottoman divisé et mis sous tutelle de plusieurs nations européennes (France, UK)

29 octobre 1923 : proclamation d’indépendance et naissance de la république démocratique turque

1924 : suppression des écoles religieuses et des tribunaux islamiques

1925 : remplacement de la charia par un code civil, pénal et commercial calqués sur ceux de la Suisse

1925 : interdiction du port du voile dans les administrations et les écoles publiques gratuites et obligatoires

1934 : droit de vote des femmes (soit 11 ans avant la France !!!)

1987 : la Turquie reconnaît à ses citoyens le droit de porter plainte auprès de la commission européenne des droits de l’homme

2004 : abolition de la peine de mort (dernière exécution en 1984), sanctions exemplaires contre la torture

2004 : levée de l'état d'urgence au Kurdistan, autorisation de l'enseignement du kurde, libération de prisonniers d’opinion (kurdes)

 

 

Conséquences bénéfiques pour la Turquie :

 

Une entrée de la Turquie dans l’UE permettra de renforcer ses processus de démocratisation, de laïcisation et de défense des droits humains. Elle facilitera aussi son essor économique comme dans le passé pour le Portugal et les pays d’Europe de l’Est.

 

 

Après de nombreux efforts républicains et d’européanisation non reconnus la Turquie a aujourd’hui a le choix entre 4 options : renouer avec l’Islam en souvenir de l’Empire Ottoman et de son passé glorieux, accepter les propositions qui lui sont faites de rejoindre l’ALENA (union économique entre les USA, le Canada et le Mexique) ou l’Union des pays musulmans, ou enfin être acceptée au sein de l’UE. Ces délicates attentions que lui montrent différentes organisations internationales intergouvernementales le montrent bien : son économie à fort potentiel, sa force géopolitique stratégique, sa culture et bien d’autres atouts en font une candidate idéale pour l’UE.

Par Olivier GUILLARD
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Commentaires

des points négatifs?
Commentaire n°1 posté par christian le 11/05/2008 à 22h20
ça arrive...
Commentaire n°2 posté par Olivier le 15/05/2008 à 11h56
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