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Lundi 1 mai 2006 1 01 /05 /2006 18:19

Les multiples réformes engagées par nos gouvernements depuis 2002 pour diminuer le déficit qui pèse sur les équilibres économiques aboutissent à une aggravation des inégalités face à l’accès aux soins. Devant faire face à une médecine qui coûte de plus en plus chère et u ne demande en progression, l’assurance maladie ne peut plus subvenir à ses besoins. La solution la plus évidente et la plus égalitaire serait d’augmenter le montant des cotisations en fonction des revenus. Notons d’ailleurs que les plus aisés d’entre nous bénéficient d’un plafond pour leur cotisation : en effet, alors que les classes défavorisées ont un montant des cotisations calculés à partir de 100% de leur salaire, celui des classes les plus aisées est calculé en ne regardant que 70% de leurs revenus. Cependant cette élévation du montant des cotisations augmenterait le coût du travail, ce qui exposerait l’économie française a une perte de compétitivité. Nous sommes ainsi dans une triste situation qui place l’égalité à l’accès aux soins face à l’essor économique de la France. J’estime que nous sommes tous responsables de cette situation !

En effet, mieux vaut guérir que prévenir. Alors que moins de 2% des dépenses de santé sont alloués à la prévention sanitaire, nous devons acquérir un comportement citoyen en matière de santé. L’évolution des mœurs est la plus importante des causes de la progression de la demande médicale.

Plusieurs exemples. Dans les pays occidentaux nous mangeons de plus en plus sucré et de plus en plus gras. Ce nouveau régime alimentaire provoque des dérèglements physiologiques tels que le diabète, l’hypertension, l’obésité, qui sont eux-mêmes à l’origine de nombreuses pathologies (cardiovasculaires, articulaires) et donc de l’augmentation de la morbidité dans nos sociétés. Dès l’Antiquité Hippocrate disait « Ton aliment sera ta seule médecine » ! Un second exemple : le mode de vie dans nos sociétés actuelles est responsable de la survenue tardive des premières grossesses. Cet âge tardif des futures mamans impose diabète ou hypertension qui sont liés à une augmentation des complications lors des accouchements. En effet, on s’aperçoit que la mortalité maternelle augmente depuis quelques années en France.

En plus de l’évolution du mode de vie se mêle notre non-citoyenneté en matière de santé. Un parfait exemple : le SAMU. Le SAMU 37 c’est 160.000 appels par an, 2000 sorties. C’est-à-dire que 98,75% des demandes reçoivent une réponse négative par l’unique médecin régulateur. Mais pire encore : sur une moyenne de 7 sorties par jour, la plupart ne sont pas jugées indispensables une fois sur place, ou sont basées sur des mensonges (par exemple la simulation d’un infarctus du myocarde pour être hospitalisé afin de quitter le domicile familial). A 300€ la 1/2h entamée de déplacement, la plupart des déplacements dépassant 1h30, la facture a un montant équivalent au salaire d’une infirmière débutante. Imaginons que 3 de ces sorties non indiquées soient évitées chaque jour, l’équivalence en nombre de postes d’aide-soignante ou d’infirmière s’élève à 1095 supplémentaires sur un an, rien que sur le département d’Indre et Loire. D’où des économies pour notre sécurité sociale, car je pense que ce chiffre est bien au-dessus du manque de personnel dont souffrent nos hôpitaux publics (qui résulte non seulement du manque de moyens décernés par l’état mais aussi de la non-ouverture des numerus clausus).

On dit que la France est un pays d’assisté. Cette phrase prend tout à fait son sens, en matière de santé, par la place que tient l’assuré dans notre système de soin. Tant au regard de l’économie qu’au regard de l’évolution de la société, cette situation n’est plus recevable ! La renaissance de notre système d’assurance maladie, qui, dit-on, compte parmi les plus égalitaires et les plus efficaces au monde, passera par la responsabilisation de l’assuré, en le poussant à devenir acteur du système sanitaire. Pour atteindre cet objectif, l’état doit faire de l’assuré le destinataire d’actions de formation et d’information. Le gouvernement doit établir une politique d’éducation et inclure dans les programmes d’enseignements généraux la connaissance du système de santé et de son mécanisme de financement, ainsi qu’une réelle éducation sanitaire préventive !


Tous ensemble, agissons pour la sauvegarde
de notre système de soins !
Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Promotion de la santé
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