Bernard KOUCHNER crée la fabrique démocratique. suite à un constat simple sur la représentation politique en France et ses méthodes, il propose à chacun de venir s’exprimer à des débats :
« Nous sommes ensemble pour qu’un certain nombre de proposition soient faites, qui viendront éclairer, renforcer, initier un certain nombre de réflexions qui sont nécess
aires dans ce pays. parce que la mondialisation dans un premier temps nous a certainement fait du tort, nous qui, les français, n’y étions pas préparés. et pourtant, c’était facile de la voir venir, de voir venir ce mouvement qui depuis 20 ou 30 ans apportait ces changements et sa brutalité. Inventons la France à venir. Celle d’aujourd’hui s’angoisse. Elle ne sait pas où elle va. Les Français n’ont plus d’espoir, plus de foi dans leur pays. Ils se sentent démunis face au monde qui vient, enfermés dans des castes et des habitudes de pensée. Ils ont perdu le goût du risque.
Comme d’habitude, les premières victimes de cette situation sont les plus faibles : jeunes sans horizon, pauvres sans protection, minorités privées de projet collectif. Notre pays, pourtant, est riche de talents et d’énergies qui ne demandent qu’à s’employer, plein d’idées, plein de générosité. Il doit retrouver son rang et son rôle, réapprendre le goût du risque et l’audace du changement.
Je veux qu’ensemble nous tracions de nouvelles perspectives, que nous inventions une autre France, plus courageuse, plus responsable, plus humaine. C’est pour cela que j’ai décidé de lancer la Fabrique démocratique pour inventer ensemble la France à venir. »
« Le monde change, la France change, et la classe politique ne s’adapte pas toujours au temps qui vient. elle reste prisonnière des idées reçues et des périodes de grandes croissance. et hélas, trop souvent elle se croit obliger de mentir pour faire plaisir aux électeurs. et depuis trop longtemps, peut être parce qu’on sait que les responsables dévient parfois de la réalité et de la vérité, les partis ne sont plus à l’écoute des français, et les français s’en rendent compte. et les partis politiques le font de leur côté, en imposant parfois des solutions, en tenant rarement compte de ce que pensent nos compatriotes sur les sujets qui touchent leur vie quotidienne. les français me paraissent plus intelligents, ou au moins plus vifs que leurs partis politiques. les français savent beaucoup que ce qu’on croit sur ce qui les attend, sur la manière ça se déroulera, et comment on doit faire face. »
" Aujourd’hui nous sommes dans l’urgence, la France a vraiment besoin de débats, la France a besoin de clarification qui trancherait avec la culture frileuse du non choix que nous subissons depuis des années comme s’il suffisait d’avoir un passé glorieux pour assurer l’avenir. vous le savez, donc cessons de se mentir et sortons de la position élitiste de la politique fondée sur l’idée que notre peuple ne peut pas comprendre les enjeux d’un monde complexe. le temps est venu d’une nouvelle façon de faire de la politique, alors nous affronterons la globalisation en position de challenger sinon de vainqueur. j’ai voulu venir à la rencontre des français non pas pour leur expliquer ce qu’ils savent déjà mais pour les écouter. écouter leurs attentes et recueillir leurs idées et leurs propositions. c’est en dialoguant avec les français que nous pourrons relancer notre pays. ce que j’entreprends là c’est l’invention d’une nouvelle méthode que certains ont porté dans la gauche italienne et que je voudrai voir fonctionner en France.
et quand on parle de méthode, on se trouve dans l’actualité la plus brûlante : on vient de voir le résultat avec le CPE quand un gouvernement oublie de consulter les français. si le gouvernement avait fait ce qu’il aurait dû faire, consulter les français, il aurait éviter de proposer cette mesure qui va à l’encontre du droit le plus élémentaire, et il n’aurait même pas proposer qu’au début du 21ième siècle, dans ce pays la France qui a connu tant de luttes ouvrières et de conquêtes ouvrières on puisse congédier un salarié sans lui en fournir le motif. Comment peut attenter ainsi à la dignité élémentaire ?! ça ne veut pas dire qu’on va déclencher immédiatement l’appel aux prud’hommes, ça veut dire qu’on va, les yeux dans les yeux, lui donner des explications. quant à la méthode, écouter les gens une fois qu’on a décidé c’est quand même prendre les gens pour des ballots. et l’excuse qui venait à l’appui de cette décision brutale c’était la mondialisation. et je juge que ce n’est pas une excuse valable pour faire n’importe quoi, au contraire. comme beaucoup d’entre vous je suis conscient des contraintes qu’elle fait peser sur notre économie et aussi des opportunités qu’elle offre, mais là, la méthode utilisée est proprement inacceptable et d’ailleurs elle n’est pas acceptée.
la France n’est pas une monarchie, et dans une république la société doit être l’acteur premier de la réforme. c’est en écoutant ce que nous pourrons construire ensemble que nous inventerons un programme pour la France à venir. ça ne veut pas dire qu’on ne tiendra pas compte des partis politiques, au contraire, mais que la fabrique démocratique est un lieu où chacun pourra venir parler de ce qui lui tient à cœur et sur lequel il a des propositions à exposer, un lieu où je serais d’abord à votre écoute afin de formuler grâce à vous tous les mesures concrètes fondées sur ce que vous jugez bon. "
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