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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /2006 23:06

Pour Jacques Henrard (représentant du mouvement « Associatif Organisme », ex secrétaire général de la FCPE), « la démocratie possède 3 piliers : bien entendu le politique qui en dernier ressort décide, mais après consultation du monde syndicale et du pilier du monde associatif ».

Depuis plusieurs années les citoyens français se désintéressent de la politique (sont ils alors encore citoyens ?). C’est un bien triste constat. En effet, les taux d’abstention ont tendance à exploser, les affaires type Clerstream qui devraient chagriner les français jusqu’au plus profond d’eux-mêmes sont délaissées... Seuls points positifs récents sont les mouvements sociaux anti-CPE et le passage au-delà des 200 000 adhérents des deux plus gros partis politiques français (cela dit, 400 000 militants sur 60 millions de français me semble un peu juste...). Aller voter serait-il devenu l’acte de déculpabilisation pour certains, et inutile pour les autres ?! Parce que la démocratie est basée sur le principe de faire de chaque citoyen un créateur, il est plus que jamais indispensable d’accomplir ses devoirs de citoyens.
La classe d’âge où le phénomène est le plus alarmant est bien évidemment notre jeunesse. Comment prédire un avenir équilibré à notre nation si nous ne prenons pas part à sa construction, et donc à la vie politique française et internationale (dont l’Europe !!!) ? Notons que notre rejet de la politique, par l’abstentionnisme électoral, permet aux extrêmes, et notamment de droite, d’infester notre pays. Je conçois que la politique, de la manière dont elle se pratique actuellement (lutte de pouvoir, malversations, affaires secrètes), ne donne pas envie de s’y intéresser et de prendre part aux débats. Mais comme disait Gramsci, si une organisation ne nous plait pas, prenons en la direction ! Et je salue encore une fois, la merveilleuse initiative de Romano Prodi d’abord, puis Bernard Kouchner, qui développe la notion de démocratie participative dans notre pays. 

A l’échelle du syndicalisme, je prierai juste nos concitoyens d’écouter béatement ce que disent certains à leur sujet, et de renseigner par eux-mêmes. L’exemple type : le mouvement pour le retrait du CPE à Tours. L’UNEF s’est vu être accusée à tort d’avoir organisé des actions coup de poing ridicules auxquelles elle avait voté contre. Ne serait-ce pas une forme d’assistanat médiatique ?!

Récemment Ségolène s’est dite favorable à placer « dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier » les mineurs de plus de 16 ans dès « le premier acte de délinquance ». Elle évoque également la « mise sous tutelle des allocations familiales ». Replacé dans un contexte général, elle prône la répression là où elle est inutile, la preuve en est la politique de Nicolas Sarkosy dans les cités depuis son couronnement au ministère amer de l’intérieur. Quand s’attaquerons nous aux réels problèmes de ces quartiers défavorisés, c'est-à-dire à l’intégration, à la solidarité, à l’éducation dans ces quartiers ?! En réponse à ces défauts qui sont notamment un défaut de présence du service public, on observe une réduction du personnel adulte dans les établissements scolaires, une diminution des crédits alloués aux associations. Quand instaurerons-nous une réelle politique de prévention, et surtout, quand l’humanité reprendra le dessus sur les restrictions budgétaires à tout va ?! Donnons les moyens aux associations de fonctionner, aidons leur création. Ce sont elles qui, au quotidien, au niveau local voir national, sont à la base de la vie citoyenne dans notre pays. Comme on entend dire : « tant qu’ils sont à l’école, ils ne font pas de conneries dans les rues ». Réaction primaire mais pas inexacte, qui fonctionne également avec les activités extrascolaires proposées par les diverses associations.

Jean Jaurès disait : « Il ne faut pas avoir de regrets pour le passé, pas de remords pour le présent, et une confiance inébranlable en l’avenir ». Alors faisons évoluer notre société, améliorons la vie dans notre pays. Pour une vie meilleure dans une France plus juste, investissons nous dans nos associations, adhérons à nos syndicats, militons pour nos partis politiques : faites le choix d’être partisans !!!

Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Actualité et Politique
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Commentaires

Pour commencer je te demanderai juste, Olivier, de penser aux gens qui sont comme moi, myope comme des taupes malgrè leurs lunettes ; ECRIS PLUS GROS !!!!


Bon juste pour dire vite fait, qu'en tant que militant politique, il est vrai que les syndicats me gêne et je comprends que certaines personnes puissent être "découragées" par eux... Pendant de nombreuses années les syndicats n'ont été que d'opposition en France et non de négociation comme dans les pays scandinaves. De par ce fait, ils ont souvent été mal perçu par les français qui ont eu l'impression qu'on voulait les manipuler. La preuve est le faible taux de syndicalisation...


 


Ceci dit, depuis quelques annèes, et notammen grâce au gouvernenment Jospin qui a su faire preuve de négociation avec les partenaires sociaux, les syndicats ont vu leur estime remonter en moi ! En effet, je trouve que depuis quelques temps ils font preuve de maturité en cherchant à négocier et surtout en étant réaliste. La crise du CPE m'a bien entendu réconcilié avec eux.....


 


Je tiens quand même a préciser que ma préférence va plutôt aux organisations politiques qui, je pense, ont pour véritable but de dénoncer et de chercher des alternatives mais aussi de pouvoir les appliquer une fois au pouvoir...

Commentaire n°1 posté par loulou le 07/06/2006 à 23h28
je ne pense pas qu'il y ait de préférence à avoir à l'égard du syndicalisme contre le politique ou contre l'associatif.
comme l'a très bien détaillé olivier, ces trois éléments sont les leviers indispensables de la transformation sociale.

les associations permettent à des personnes de se regrouper dans un cadre collectif pour promouvoir un thème qui leur est commun, pour faire attirer l'opinion publique sur des sujets d'importance, pour mener des actions militantes sans logique partisane, pour organiser la solidarité, etc.

les syndicats permettent eux de défendre le droit des salariés et d'en obtenir de nouveaux. ils sont les maillons d'un rapport de force permanent face au patronat. et, en France, face à l'Etat.

je comprend tes craintes et réserves sur le syndicalisme. Simplement, j'attire ton attention sur plusieurs réalités bien françaises. tu dis à juste titre que le syndicalisme français n'est pas aussi intéressant que le syndicalisme à la scandinave. je ne pense pas qu'il s'agisse d'un fossé culturel insurmontable qui fait que les pays ont évolué différemment.
en france, il faut bien voir comment se fait le dialogue social. en france, la loi vient du politique et elle ne peut pas par nature, prendre en considération des spécifités qui échappent à la notion d'une loi-assurant-le-principe-général. en france, l'Etat est un interlocuteur à la fois des syndicats que du patronat.

dans d'autres pays, l'Etat est réduit à un role d'arbitre entre patronat et syndicats. il appartient bien évidemment aux politiques de fixer la loi qui régit les principes généraux. mais les syndicats et patronat s'occupent quant à eux du contrat, c'est à dire pleinement de la manière dont s'appliquera la loi en fonction des secteurs professionnels.
une meilleure articulation entre loi et contrat place ainsi les acteurs sociaux au premier plan et leur donne une réelle importance.
cette importance revendiquée par la CFDT notamment est la seule manière d'encourager les actes d'adhésion dans les syndicats. Le salarié se rendant compte que ces structures ont une part importante du pouvoir avec des incidences directes pour son emploi et les conditions d'exercice de sa profession, il ne réfléchira pas tant que ça avant de prendre sa carte.
et avec des syndicats puissants en terme d'effectifs, c'est après un engrenage suffisamment logique qui vient pondre un nouveau rapport de force, représentatif et plutot équilibré.

actuellement, au vu du faible role qui leur est accordé, les syndicats n'ont comme seuls moyens le blocage, les greves et les manifestations pour placer le rapport de force en leur faveur.
dans un état social avec un réel dialogue social, le nombre de salariés syndiqués créerait le rapport de force dans l'immédiat et les grèves ne seraient plus ainsi une impérieuse nécessité. si le patronat constate face à lui des syndicats représentant 80% de salariés et capables d'une force de mobilisation équivalente, il n'attend pas le préavis de grève, il négocie !
Commentaire n°2 posté par Ludo le 08/06/2006 à 12h57
notons que dans les pays scandinaves, certains droits fondamentaux comme la retraite par répartition ne sont autorisés qu'aux syndiqués. cette pratique allant à l'encontre des libertés individuelles, les syndicats français la rejettent.
Commentaire n°3 posté par Olivier le 08/06/2006 à 13h18
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