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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 22:31


Dimanche dernier, Bernard Kouchner était invité dans « On n’est pas couché » présenté par Laurent Ruquier. Lors d’un débat avec Eric Zemmour, l’ex administrateur du KOSOVO en pleine forme a rappelé qu’il avait refusé d’être ministre de Raffarin et a précisé son attachement au Parti Socialiste en dénonçant les nombreux procès d’intention dont il est l’accusé ; « Alors me faites pas chier » dit-il.

Il s’est expliqué sur quelques mesures et propos passés. Par exemple, il a commencé par rappeler qu’il a dénoncé dès l’époque « l’architecture inhumaine des cités dortoirs » et a reconnut la responsabilité de son gouvernement. Cette remarque est en rapport direct à mon sens avec la théorie actuelle sarkosiste de suppression de la carte scolaire. En effet, même si celle-ci a besoin d’être réactualisée urgemment puisqu’elle est basée sur des critères démographiques des années 60, l’urgence pour favoriser la mixité sociale au sein des établissements scolaires est surtout de rétablir une mixité sociale stricte. La loi des 20% de logements sociaux par commune est une bonne avancée théorique mais non suffisamment appliquées par manque de conviction et de répression. D’ailleurs, en elle-même elle n’exclut pas le parcage des citoyens défavorisés dans des quartiers périphériques des villes, même si dans la théorie elle minimise les phénomènes de banlieues. C’est pourquoi il me semblerait utile de pratiquer cette loi à l’échelle des quartiers, et même sur les constructions à venir : chaque promoteur immobilier responsable d’une neo-construction de moyenne ou grande échelle serait obligé de concevoir en ses murs 20% d’appartements ou logements sociaux. Certaines villes pratiquent déjà ce projet sous forme détournée comme la mairie de La Rochelle qui construit des logements sociaux en plein cœur de la ville à la place de l’ancienne caserne militaire.

L’ex ministre de la santé a défendu un de ses vieux combats qu’est le droit d’ingérence de l’ONU, c’est à dire de l’ensemble des nations, que l’on compare à tort avec le n eo-colonialisme. D’ailleurs, j’ai la conviction que le vrai neo-colonialisme est plutôt l’œuvre de la politique françafricaine chiraquienne (donc par définition de l’UMP) au Chad ou encore celle du Parti Socialiste qui envoie des députés français proches d’Emmanuelli se présenter aux élections présidentielles ivoiriennes. Bernard Kouchner annonce que « protéger un peuple, une communauté ou même un homme qui serait menacé de massacre est ce que l’on a apporté de mieux à l’histoire international ces temps ci » et rappelle les faits avec trois exemples : la Bosnie pour laquelle l’intervention internationale a été trop tardive où on a compté 250 000 victimes ; Sarajevo où l’intervention a été plus précoce mais tout de même trop tardive où l’on a compté 15 000 morts ; et enfin, la Macédoine, le plus récent, où le droit d’ingérence a été pris par la communauté internationale à titre préventif sous forme d’un déploiement de 800 casques bleus, qui n’a subit aucune guerre. Il a également félicité l’ONU, par l’intermédiaire du président de la République, d’être intervenu au Liban.

Le gastro-entérologue a une nouvelle fois fait part de son énervement contre ses détracteurs qui critiquent sa position sur la guerre en Irak sur des thèses médiatiques infondées et qui n’ont pas lu l’information à sa source, c'est-à-dire son article « Non à la guerre, non à Saddam ». Il y exposait qu’il était pour une intervention de la communauté internationale au nom des droits de l’homme mais à aucun moment il n’a appuyé la façon dont l’intervention américano-américaine s’est déroulée, autant dans le principe que dans les faits.

Il ajoute que « si l’on veut que le partage soit équitable, il faut repenser les termes de ce partage » appelant ainsi les français a une plus grosse prise de conscience sur le monde. Car en effet, s’il existe de nombreuses inégalités en France, il en existe de plus grosses à l’échelle mondiale. Et la France a un rôle à jouer dans cette organisation mondiale, et elle en a besoin. Les chroniqueurs de France 2 lui ont reproché de trop comparer les pays la situation économique est défavorable avec notre situation à nous, mais avec la mondialisation on tend à cet équilibre dans un avenir plus ou moins proche. En effet, « les pauvres font irruption chez nous », qu’il s’agisse de la hausse du chômage, du nombre croissant d’exclus sociaux, mais également de l’immigration. Si l’on prend en compte ce constat, alors on commence à entrapercevoir la réalité mondaine. Nous nous battons pour garder nos acquis sociaux, très légitimement, mais Bernard Kouchner est, et je le suis aussi, convaincu qu’il est désormais nécessaire de partager différemment, non pas de régresser socialement mais d’abandonner une partie ne serait-ce qu’infime de nos acquis au profit du tiers monde. Partager différemment, penser différemment. Il ajoute que « toutes ces missions incombent à la gauche ».

Il revient sur d’autres propositions sur lesquelles je partage ses opinions, notamment sur la retraite à 67 ans et la fin de certains régimes spéciaux, ou encore le service civil « au bas de son immeuble, dans la ville, à côté et à l’autre bout du monde » qu’il défend depuis une trentaine d’années maintenant, qui favoriserait encore une fois la mixité sociale et renforcerait la maxime « c’est en découvrant les autres que l’on se comprend mieux soi-même ».

Il propose ensuite « d’attribuer aux femmes la place qui leur revient : la première », en prenant pour exemple les attaques machistes passées de Ségolène Royal en prenant bien soin de mettre à l’écart ses amitiés politiques (ou inamitiés). Pour ma part, je trouve cette phrase très belle, mais trop radicale dans les faits, ou plus exactement trop accessible à certaines dérives. Je me prononce bien évidemment pour l’égalité des sexes mais je crois encore plus à l’égalité des compétences. Quand on instaure une loi qui impose une égalité de candidat homme/femme à des élections on ne favorise pas l’égalité mais on impose arbitrairement un choix aux partis. La véritable égalité est qu’une femme et un homme ait la même chance d’être candidat à des élections quand ils ont la même compétence. Autre thème, même phénomène : l’instauration de quotas et la discrimination positive.

 

Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Actualité et Politique
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