Nombreuses personnes me taxent de gauchistes sous prétexte que je rejette assez régulièrement les idées de droite, soit disant qu'elles soient bonnes ou non. Et bien voilà, je vais parler d'un exemple parmi tant d'autres qui, mis à part me déculpabiliser en avançant des arguments anti-gauchistes, me permet de rendre hommage à Xavier EMMANUELLI (non, pas Henri, j'ai bien dit Xavier) et à J. CHIRAC. Peu de personnes connaissent X. EMMANUELLI qui a quand même réalisé quelques petites choses dans sa vie entre ses études de Médecine et remettre des rapports gouvernementaux lors de la crise actuelle des tentes du canal Saint-Martin ; entre autre il est fondateur de MSF, a participé aux débuts du SAMU, créateur du SAMU social en 1993 et de SAMU social international en 1998.
Donc, une petite biographie s'impose : En 1965 il est Faisant Fonction d'Interne aux urgences de Soissons. C'est là, du fait du nombre important d'accidentés de la route qu'il reçoit en raison de la proximité du Centre Hospitalier et de la Nationale 2, qu'il prend goût à l'urgence. Plus tard, après son service militaire passé en Afrique, il est médecin en mer et rêve de monter l'association EMIR (Equipe Médicale d'Interbention Rapide) consacrée à l'évacuation sanitaire. Malheureusement cette action, malgré un appui médiatique de Paris-Match et RTL n'aboutit pas. Il est ensuite médecin généraliste en remplacement quelques années. Se sentant mal préparé à l'exercice médical il rentre à l'hôpital des mines de Freyming-Merlebach en tant qu'assistant en consultation de chirurgie où il a tout le loisir d'observer l'exploitation humaine dans son visage français des années 1960 (en dehors du colonialisme).
Il démissionne en 1971 pour se spécialiser dans l'urgentisme auprès du Pr HUGENARD de l'hôpital Henri Mondor de Créteil. Il participe alors à l'élaboration du SAMU et à la rédaction de ses grands principes en se battant contre le vieil adage « Il n'y a pas d'urgences, il n'y a que des gens pressés. ». En parallèle il retrouve des amis de la fac étant allé au Biafra en 1967 avec la croix-rouge (Minor HERNANDEZ, Bernard KOUCHNER) et crée au sein du jeune Secours Médical Français un mouvement de lignée politique de gauche dénommé Médecins Sans Frontières ayant pour esprit d'être « au carrefour de l'urgence médical et d'un rêve romantique de fraternité ». Ce n'est qu'en 1976 que MSF décolle grâce à un coup médiatique d'Ange CASTA avec pour slogan aussi modeste qu'un chirurgien orthopédique (je me comprends) « Dans leur salle d'attente, 2 milliards d'hommes ». X. EMMANUELLI devient ainsi l'un des premiers French Doctor. Il ne renie aucunement le fait que l'humanitaire soit politique, mais il fait parti de ceux qui pense que l'humanitaire n'a pas à faire de la politique et qui s'obstine contre le droit d'ingérance, et c'est pourquoi il démissionne de sa place de président d'honneur de MSF lorsque J. CHIRAC le nomme secrétaire d'état à l'action humanitaire d'urgence dans le gouvernement Juppé de 1995.
A partir de 1987 il devient médecin chef à Fleury Mérogis où il apprend ce qu'est l'exclusion sociale. Ayant estimé avoir fait le tour de la question, il remplace Patrick Henry comme praticien hospitalier à Nanterre dans le cadre de la grande exclusion au Centre d'Hebergement et d'Accueil pour Personnes Sans Abris en 1992. Il s'occupe alors de ce qu'il appelle les « invisibles de Nanterre », c'est à dire les grands exclus de la société française ramassés par la police et envoyés dans le centre. C'est à partir de là que lui vient de créer le SAMU social par analogie au SAMU avec une permanence 24h/24, un centre d'appel gratuit facile à mémoriser (115), des véhicules, etc... Malgré la réticence de l'entourage du maire de Paris, J. CHIRAC adopte le projet en 1993 dans le cadre de la carte Paris Santé (ancêtre local de la Couverture Maladie Universelle). Dans son élan, il crée également en 1998 le SAMU social international.
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