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Promotion de la santé

Dimanche 30 avril 2006
     Les VP Santé Publique de l'Association des Carabins de Tours organisent chaque année l'Hôpital des Nounours. Ce projet correspond à la création d'un hôpital factice et ludique par les étudiants de différentes fillières santé (médecine, infirmières, paharmacie... à quand sage-femme et oryhophoniste ?). Chaque enfant peut y amener son nounours à faire soigner, jouant ainsi le rôle de parent.

     Ce projet a 3 objectifs principaux : réduire l'angoisse des enfants associés à l"effet blouse blanche" que présentent souvent les jeunes enfants dans un milieu médical, familiariser les futurs professionnels de santé à un public auquel ils n'ont pas l'habitude d'être confrontés, d'améliorer les relations interprofessionelles.

   J'ai eu le bonheur d'organiser ce projet cette année, et je vous propose de mieux découvrir le principe de l'Hôpital des Nounours et de voir les photos prises lors de cette journée.


Par Olivier GUILLARD
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Lundi 1 mai 2006

Les multiples réformes engagées par nos gouvernements depuis 2002 pour diminuer le déficit qui pèse sur les équilibres économiques aboutissent à une aggravation des inégalités face à l’accès aux soins. Devant faire face à une médecine qui coûte de plus en plus chère et u ne demande en progression, l’assurance maladie ne peut plus subvenir à ses besoins. La solution la plus évidente et la plus égalitaire serait d’augmenter le montant des cotisations en fonction des revenus. Notons d’ailleurs que les plus aisés d’entre nous bénéficient d’un plafond pour leur cotisation : en effet, alors que les classes défavorisées ont un montant des cotisations calculés à partir de 100% de leur salaire, celui des classes les plus aisées est calculé en ne regardant que 70% de leurs revenus. Cependant cette élévation du montant des cotisations augmenterait le coût du travail, ce qui exposerait l’économie française a une perte de compétitivité. Nous sommes ainsi dans une triste situation qui place l’égalité à l’accès aux soins face à l’essor économique de la France. J’estime que nous sommes tous responsables de cette situation !

En effet, mieux vaut guérir que prévenir. Alors que moins de 2% des dépenses de santé sont alloués à la prévention sanitaire, nous devons acquérir un comportement citoyen en matière de santé. L’évolution des mœurs est la plus importante des causes de la progression de la demande médicale.

Plusieurs exemples. Dans les pays occidentaux nous mangeons de plus en plus sucré et de plus en plus gras. Ce nouveau régime alimentaire provoque des dérèglements physiologiques tels que le diabète, l’hypertension, l’obésité, qui sont eux-mêmes à l’origine de nombreuses pathologies (cardiovasculaires, articulaires) et donc de l’augmentation de la morbidité dans nos sociétés. Dès l’Antiquité Hippocrate disait « Ton aliment sera ta seule médecine » ! Un second exemple : le mode de vie dans nos sociétés actuelles est responsable de la survenue tardive des premières grossesses. Cet âge tardif des futures mamans impose diabète ou hypertension qui sont liés à une augmentation des complications lors des accouchements. En effet, on s’aperçoit que la mortalité maternelle augmente depuis quelques années en France.

En plus de l’évolution du mode de vie se mêle notre non-citoyenneté en matière de santé. Un parfait exemple : le SAMU. Le SAMU 37 c’est 160.000 appels par an, 2000 sorties. C’est-à-dire que 98,75% des demandes reçoivent une réponse négative par l’unique médecin régulateur. Mais pire encore : sur une moyenne de 7 sorties par jour, la plupart ne sont pas jugées indispensables une fois sur place, ou sont basées sur des mensonges (par exemple la simulation d’un infarctus du myocarde pour être hospitalisé afin de quitter le domicile familial). A 300€ la 1/2h entamée de déplacement, la plupart des déplacements dépassant 1h30, la facture a un montant équivalent au salaire d’une infirmière débutante. Imaginons que 3 de ces sorties non indiquées soient évitées chaque jour, l’équivalence en nombre de postes d’aide-soignante ou d’infirmière s’élève à 1095 supplémentaires sur un an, rien que sur le département d’Indre et Loire. D’où des économies pour notre sécurité sociale, car je pense que ce chiffre est bien au-dessus du manque de personnel dont souffrent nos hôpitaux publics (qui résulte non seulement du manque de moyens décernés par l’état mais aussi de la non-ouverture des numerus clausus).

On dit que la France est un pays d’assisté. Cette phrase prend tout à fait son sens, en matière de santé, par la place que tient l’assuré dans notre système de soin. Tant au regard de l’économie qu’au regard de l’évolution de la société, cette situation n’est plus recevable ! La renaissance de notre système d’assurance maladie, qui, dit-on, compte parmi les plus égalitaires et les plus efficaces au monde, passera par la responsabilisation de l’assuré, en le poussant à devenir acteur du système sanitaire. Pour atteindre cet objectif, l’état doit faire de l’assuré le destinataire d’actions de formation et d’information. Le gouvernement doit établir une politique d’éducation et inclure dans les programmes d’enseignements généraux la connaissance du système de santé et de son mécanisme de financement, ainsi qu’une réelle éducation sanitaire préventive !


Tous ensemble, agissons pour la sauvegarde
de notre système de soins !
Par Olivier GUILLARD
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Mardi 25 juillet 2006

     Alors qu’en France lapplication des dispositions de la Loi Evin (1991) est insuffisante, après l’Italie et l’Espagne, mardi dernier, Nicolas Sarkozy s'est prononcé pour l'interdiction de fumer dans tous les lieux publics, sauf dans les bars-tabac en soulignant que « le tabagisme est une cause importante de morbidité et de mortalité prématurée ». Cette idée est consensuelle, à droite comme à gauche. Les Jeunes Radicaux de Gauche vont encore plus loin en interdisant de fumer dans tous les lieux fermés et couverts qui accueillent du public ou qui constituent un lieu de travail, ainsi que dans l’enceinte des établissements d’enseignement et d’éducation ; interdiction accompagnée d’une réelle politique préventive et curative s’appuyant notamment sur la médecine scolaire ainsi que sur celle du travail, actuellement fortement dépourvues par l’action gouvernementale. Pour responsabiliser les fumeurs, le président de l’UMP a également plaidé pour l'introduction d'une franchise forfaitaire trimestrielle sur la consommation de soins, fonction de la situation socio-économique du contribuable. Les exemples de l'Irlande et de l'Italie ont montré que le bannissement du tabac n'avait pas vidé les bars et les restaurants. Au contraire, puisque l'assainissement de ces lieux de divertissement et de rencontre semble avoir incité les gens à s'y rendre davantage et à y demeurer plus longtemps. Les défenseurs des libertés individuelles n’ont pas tardé à répliquer, mais le droit d’échapper à la fumée est-il inférieur à celui de fumer ? Cependant, face à la frilosité des tenanciers des bars, je pense qu’il serait préférable de leur laisser un choix : l’interdiction radicale de fumer dans le bar ou la prise en charge personnelle de travaux d’isolation efficace entre les secteurs fumeurs et non fumeurs, ainsi qu’une aération permettant d’évacuer la fumée directement à l’extérieur.

     Mais je pense qu’il faut aller plus loin encore. Aucune solution ne sera réelleme nt efficace si l’on n’arrive pas à sensibiliser et responsabiliser les citoyens. Ainsi je pense que les médecins devraient se limiter à prescrire uniquement des traitements symptomatiques (et non étiologiques) aux assurés sociaux à comportements à risques pour les pathologies qui découlent de ce dernier. Limitation thérapeutique survenant uniquement après le refus du patient à suivre une prise en charge établie par le médecin de famille ayant pour but d’éradiquer la cause primaire de la pathologie (soit le comportement à risques et les causes de ce comportement) ; or cadre d’une non assistance à personne en péril bien entendu. Ces comportements à risque seraient définis par des négociations entre les associations d’usagers, les syndicats de médecins, l’ordre des médecins, et les experts de la sécurité sociale. Je pense en particulier au tabac, à l’alcool, aux drogues, ou encore à l’obésité... Cette pratique est déjà courante, comme l’est le débranchement de respirateur dans les services de réanimation, alors pour protéger aussi bien les usagers que les praticiens, établissons un cadre légal. Cadre légal qui existe déjà en ce qui concerne les greffes d’organes.
 
     Donnons un exemple concret. Un obèse morbide vient consulter pour un mal de dos et une hypertension artérielle résultant de sa surcharge pondérale excessive. La conduite à tenir est d’établir un traitement symptomatique (antalgiques plus anti-hypertenseurs), puis déterminer les éventuelles causes de l’obésité puis pallier à ce comportement à risques avant d’entreprendre d’autres traitements. Si ce patient refuse la consultation et le suivi d’un nutritionniste, il ne bénéficiera pas de soins supplémentaires. Puis après que fait-on ? On augmente les doses, on prescrit des antalgiques plus puissants, on plonge le patient dans un sommeil artificiel ?

     Certains disent que cette mesure défavoriserait les pauvres car les riches peuvent payer. Cet argument est totalement déplacé. Il ne s’agit pas de financement mais d’accès aux soins. Si le praticien refuse les soins, riches et pauvres seront placés devant un pied d’égalité. Si le praticien les accepte, ils le seront toujours grâce à la sécurité sociale. Il n’y a aucune modification sociale du fonctionnement de la médecine dans cette mesure. Enfin, si, bien sûr que si, dans le contexte actuel de remise en cause de la CMU, cette mesure permet de réaliser une économie non négligeable sur des soins répétitifs de coûts non négligeable et ainsi favorise le maintien de la CMU. La personne prenant soin de sa santé sera mieux soigné, dans de meilleures conditions notamment grâce à plus de moyens, et l’usager à comportement à risques prenant la sécurité sociale comme assurance vie sera responsable de la dégradation de son état sanitaire. Je suis entièrement favorable à la liberté individuelle, du moment qu’on l’assume jusqu’au bout. Laisser des citoyens mal soignés parce que d'autres abusent de la sécurité sociale avec leur comportement à risques et leurs petits plaisirs est contraire aux lois de l’humanité !

     D’autres clament que cette limitation thérapeutique est illégale. C’est faux. Comme le prévoient le serment d’Hippocrate et la loi Kouchner 2002, le médecin a le droit de choisir ses patients (art. 47 du Code de déontologie médicale prévoit que "hors le cas d'urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d'humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles). Toutefois il se doit d’exercer son métier sans aucune discrimination. Ici il ne s’agit pas de discrimination mais d’un refus de soins à l’initiative du patient qui refuse de pallier le comportement à risque responsable de sa pathologie. Il ne s’agit pas de refuser des soins à un patient parce qu’il est obèse, mais parce qu’il refuse de prendre en charge efficacement son obésité. Soignez n'est pas dire oui à toutes les requêtes du patient, c'est trouver un compromis entre ce que la médecine juge nécessaire et la volonté du patient.

      On dit aussi que les fumeurs participent à travers les taxes sur le tabac au financement de la sécurité sociale. Ceci est une idée reçue inexacte ; en effet, la Caisse Nationale d’Assurance Maladie est un organisme in dépendant de l’état financé majoritairement par la Contribution Sociale Généralisée, alors que les taxes sur le tabac sont reversées à l’état, qui ne les redistribue pas à la CNAM. Quoiqu’il en soit, étant donné le fonctionnement de base de la sécurité sociale, il est totalement exclu de bénéficier de plus de financement pour sa santé lorsqu’on a un comportement à risques qui rapporte. Cela reviendrait à dire que les classes aisées paient plus donc doivent avoir une meilleure qualité de soins. Ce que bien évidemment je rejette, prenant à l’appui le serment d’Hippocrate et les lois concernant la santé (Code pénal, code de santé publique, loi Kouchner 2002).

     Je considère cette mesure comme résolvant une part des problèmes liés au tabagisme passif et ceux des problèmes de santé publique liés au manque de financement de la sécurité sociale. Ce dernier point est d’actualité : certains spécialistes sont actuellement en grève car en raison d’une volonté de réaliser des économies, on leur fournit du matériel de moins bonne qualité, ce qui, malgré une amélioration des compétences des praticiens, aboutit à des incertitudes sur les courts et longs termes, potentiellement génératrices de recours à la justice et donc d’augmentation des primes d’assurance. Soyons citoyens, soyons responsables !!!

Par Olivier GUILLARD
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Dimanche 27 août 2006

l'image parfaite
Vidéo envoyée par kaya666


" Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. "
Victor HUGO
Par Olivier GUILLARD
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Vendredi 10 novembre 2006

J'ai écrit cet article essentiellement dans le but de faire connaitre le poème de la vieille femme grincheuse sur lequel j'ai eu l'occasion de retomber récemment (merci Sarah, 1ère année). J'ai ensuite esayé de faire une micro-analyse mais j'avoue que le résultat n'est pas formidable. Quoiqu'il en soit, ce poème restera gravé dans ma mémoire lors de ma pratique médicale présente et future.


La vieille femme grincheuse

Qui vois tu, toi qui me soignes, que vois tu ?
Quand tu me regarde, que penses tu ?

Une vieille femme grincheuse, un peu folle, le regard perdu qui n'y est plus tout à fait, qui bave quand elle mange et non répond jamais, qui, quand tu dis d'une voie forte « essayez » semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas, qui docile ou non, te laisse faire à ta guise, le bain et les repas pour occuper la longue journée grise. C'est ça que tu penses, c'est ça que tu vois ?

Alors ouvres les yeux ce n'est pas moi. Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille, me déployant à ton ordre, mangeant quand tu veux : Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère, des frères et des soeurs qui s'aiment entre eux. Une jeune fille de 16 ans des ailes aux pieds, rêvant que bientôt elle rencontrera un fiancé. Mariée déjà à 20 ans. Mon coeur bondit de joie au souvenir des voeux que j'ai fait ce jour là. J'ai 25 ans maintenant et un enfant à moi qui a besoin de moi pour lui construire une maison. Une femme de 30 ans, mon enfant grandit vite, nous sommes liés l'un à l'autre par des liens qui dureront. 40 ans, bientôt il ne sera plus là. Mais mon homme est à mes côtés et veille sur moi. 50 ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés ; me revoilà avec des enfants, moi et mon bien-aimé.

Voici les jours noirs, mon mari meurt. Je regarde vers le futur en frémissant de peur. Mes enfants sont tous occupés à élever les leurs et je pense aux années et à l'amour que j'ai connus. Je suis vieille maintenant, et la nature est cruelle, qui s'amuse à faire passer la vieillesse pour folle, mon corps s'en va, la grâce et la force m'abandonnent, et il y a maintenant une pierre là où jadis j'eus un coeur. Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure dont le vieux coeur se gonfle sans relâche. Je me souviens des peines, je me souviens des joies. Et à nouveau je sens ma vie et j'aime. Je repense aux années trop courtes et trop vite passées, et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.

Alors ouvres les yeux, toi qui me soignes et me regardes. Non la vieille grincheuse. Regardes mieux, tu me verras !


Ce vieux poème retrouvé dans les affaires d'une dame âgée après sa mort au Centre Hospitalier Général de Dieppe pointe à l'époque le manque d'humanité dans nos hôpitaux. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Les choses ont elles changées ? Je ne pourrais pas répondre à cette question, ne connaissant pas l'état humanitaire de nos centres hospitaliers il y a quelques années, mais en ce qui concerne l'état actuel, je peux garantir que la médecine actuelle est le reflet de notre société : efficacité, rentabilité, efficience, etc... autant de notions qui régissent chaque jour l'activité du médecin comme de tout employé d'une quelconque entreprise. « Le soin est fondamentalement technique », « Le médecin a suivi une formation médicale complexe qui détermine la manière de considérer le corps », « Les interactions entre le médecin et les malades sont des transactions ». Toutes ces phrases issues de cours de sciences humaines dispensés aux étudiants en médecine de 1ère année sont garantes de la non évolution des pensées. Ces façons de faire ont fait passer la médecine d'un paradigme de l'efficacité scientifique des années 60 à un paradigme de justification de nos jours. Ce qui n'est fondamentalement pas un problème en soit étant donné le manque d'éthique, le poids politique du coût de la santé et le monopole que s'est octroyé l'état par la loi Chevandier en 1892. Cependant, le mécontentement de ce qu'on appelle les « consommateurs de santé » aboutit petit à petit au passage d'une obligation de moyens à une obligation de résultat que la médecine ne pourra jamais fournir. Il aboutit aussi à une volonté de déserter les hôpitaux remettant les rivalités hôpital public / clinique privée au goût du jour (qui ne valent pas forcément mieux pour certaines). Bref, par notre comportement de praticiens, qui est le stricte reflet d'une société ou les « grands » ne craignent rien, nous portons atteinte à la démocratie sanitaire.

Par Olivier GUILLARD
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