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Humanitaire

Dimanche 30 avril 2006 7 30 /04 /2006 21:17

« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine » (DDH, article 23).

Autrement dit : tout travail mérite salaire ! Comme chaque année, la PFCE (Plate Forme de Commerce Equitable) coordonne la Quinzaine du Commerce Equitable qui se ddonner une visibilité éroule du 29 avril au 14 mai sur toute la France. Il s’agit d’une campagne nationale de promotion et de sensibilisation au commerce équitable. L’objectif étant de maximale au commerce équitable tout en répondant au besoin d’information des citoyens afin de faciliter leur « passage à l’acte d’achat ».

Dans le contexte législatif actuel il me semble que cette quinzaine tombe à pic et j’en profite pour rappeler le principe du commerce équitable, ainsi que le pourquoi et comment.

Notre pays n’est pas seul à souffrir de la priorité de l’économie sur la dignité humaine. La politique de profit et de rendement de l’économie mondiale crée des déséquilibres chaque jour plus importants, défavorisant en premier plan les producteurs de produits agricoles tropicaux mais aussi les consommateurs. En effet, la PFCE relève que l’organisation du commerce mondial se fait non seulement à l’insu du producteur qui ne connaît pas la destination de son produit, du consommateur qui n’en connaît pas son origine, mais aussi à leur détriment : les intermédiaires les plus puissants imposent leurs prix et leurs produits tant aux consommateurs qu’aux producteurs. Les prix et les conditions d’achat sont imposés à ces derniers sans négociation et le plus souvent ces prix d’achats ne couvrent pas le coût de production.

Jusqu’à quand, nous, occidentaux, citoyens du pays des Droits de l’Homme, continuerons nous impassiblement à supporter ces inégalités ? Non contents de fermer les frontières de notre pays à ces hommes, femmes et enfants, nous leur ôtons toute chance d’autonomie !

Depuis 1969, date d’ouverture du 1er « Magasin du monde » en Angleterre, le défi du commerce équitable est de proposer une alternative et de donner sens aux principes suivants : assurer une juste rémunération du travail permettant d’au moins satisfaire les besoins élémentaires des producteurs et artisans du monde, garantir le respect des droits fondamentaux des personnes, diminuer la précarité des relations entre partenaires économiques, favoriser la préservation de l’environnement, tout en proposant aux consommateurs des produits de qualité.

Présent en France depuis 1979, ouverture du 1er « Artisans du monde » à Paris, la notoriété du commerce équitable ne cesse de progresser. Alors vous aussi, profitez de cette quinzaine pour laisser votre place de consommateur à la « consom’action » citoyenne et militante !!!


 
(cliquer sur l'image pour découvrir les points de vente dans votre ville)

Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Humanitaire
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Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /2006 03:37
Paludisme :
500 millions de cas de paludisme par an ;
plus de 2 millions de morts par an ;
1 enfant en meurt toutes les 30 secondes

Sida :

40 millions de malades dont plus de 2 millions d’enfants ;
1 infection toutes les 6 secondes ;
3 millions de morts par an dont plus de 500 000 enfants ;
12 millions d’orphelins du SIDA et 40 en 2020 ;
seul 1/6ième des infectés ont accès au traitement.

Tuberculose :
21 millions de personnes infectées ;2 millions de morts par an ; 9 millions de nouveaux cas par an

C’est donc un état d’urgence mondiale ! Il existe des médicaments pour lutter contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose. La difficulté est l’accès à ces médicaments à un coût supportable par tous, en particulier dans les pays en développement. C’est pourquoi Unitaid a été créé.

Unitaid est une institution lancée par le Brésil (président Luiz Inacio Lula da S ilva le Chili), le Chili, la Norvège et la France (président J. Chirac ; et oui, il a fait des trucs bien, si si !!!), soutenue par une quarantaine d’autres pays. Elle repose sur une idée nouvelle : la contribution de solidarité internationale sur les billets d’avion adoptée à l’occasion de la Conférence de Paris des 28 février et 1er mars 2006 complémentaire de l’action des organisations internationales ou des instruments déjà existants, comme l’OMS, l’ONUSIDA, l’UNICEF (j'en profite pour faire ma petite pub pour l'UNICEF : http://www.unicef.fr).

Ce mécanisme de financement devrait :
- constituer une réponse aux besoins spécifiques des pays en développement en termes de volume de production, de niveau de prix et d’adaptation des médicaments,
- permettre de rassurer les autorités nationales de ces pays sur la capacité à long terme de la communauté internationale à financer durablement des programmes d’accès aux soins et de lancer ainsi des programmes à grande échelle.

En soutenant Unitaid, participez à la lutte contre la maladie partout dans le monde et en particulier pour les enfants les plus démunis. Vous aussi, ne tradez plus, devenez Citoyens Unitaid !!!

http://www.unitaid.eu/

Unitaid, unis pour soigner !
Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Humanitaire
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 11:41


Autant le Tsunami de décembre 2004 a montré au monde l’extraordinaire capacité de mobilisation des medias, autant la crise du Darfour, la famine au Niger ou encore les tremblements de terre pakistanais ont dévoilé l’extraordinaire capacité de négligence des medias.
 

Aujourd’hui, pour qu’un phénomène attire les médias il doit remplir un certain nombre de conditions :
- être la cause d’un grand nombre de morts,
- toucher une population de même type que celle qui constitue l’audience (région touristique),
- être responsable d’une souffrance chez les enfants les plus jeunes possibles,
- donner la possibilité de rapporter des images spectaculaires et des témoignages empoignants,
- avoir une implication dans la politique étrangère, économique et stratégique pour le pays du media
- être un phénomène très simple, tant à expliquer qu’à comprendre.
 

Le journalisme d’aujourd’hui, notamment suite à la réduction du temps accordé à l’international du fait que la population cible se sent moins concernée, est un journalisme réducteur. Ainsi, on décrit les crises, quand elles sont sélectionnées par les rédactions, sans les expliquer et sans les replacer dans le contexte ni analyser les causes et leurs conséquences à long terme. Par exemple, on couvrira une famine en switchant les problèmes de malnutrition et d’agriculture. Bref, on arrive à la mise en place d’une routine journalistique universelle basée sur la nouveauté et son caractère brutal. On observe en général dans les journaux télévisés la présence d’un unique gros titre style « l’Irak », « la grippe aviaire » ou encore « le CPE ». En effet, si l’on part du principe que trop d’info tue l’info, que si l’on parle de tout on arrive à une indigestion informative, les medias doivent avoir un moyen de sélection drastique.
 

Seulement la presse ne peut réduire ses infos et avoir la prétention de couvrir le monde. Autant les medias ont la responsabilité d’informer, autant devrait s’installer dans l’éthique journalistique du nouveau millénaire une responsabilité de protéger : anticiper, prévenir et investir dans des enquêtes à long terme afin de ne pas pratiquer l’indifférence, volontaire ou non, face à des génocides. Nos télé permettent de gagner des voyages de rêves aux téléspectateurs en envoyant des SMS mais les rédactions refusent de payer un billet d’avion à leurs journalistes pour couvrir un génocide. Il est temps je pense de couvrir autrement l’Afrique et le Sud-Est asiatique : reprendre du journalisme d’investigation sur les politiques extérieures des pays occidentaux, sur la logique des institutions d’états et financières internationales et la corruption, sur les réseaux parallèles, sur les stratégies d’entreprise... C’est avec plus de transparence qu’on aboutira à une meilleure gouvernance mondiale. Mais au fait, que cherchent les pays européens : veut-on le développement de l’Afrique ou sa survie ?
 

On peut aussi penser l’intérêt de certains gouvernements à restreindre ce type d’information pour des raisons simples : en absence de couverture médiatique rien n’oblige l’envoi d’aide humanitaire qu’elle soit financière, matérielle ou humaine, et rien n’oblige à montrer que le gouvernement n’est pas suffisamment bien renseigner, souvent par défaut d’intérêt, sur ce sujet. Pourtant c’est la somme de ces crises, de ces famines, de ces génocides qui doit affûter notre politique étrangère mais aussi notre politique intérieure du fait des flux migratoires engendrés.
 

A l’heure où il existe de multiples associations humanitaires, j’ai la conviction que toutes ont leur rôle à jouer. A l’image de Médecins Sans Frontières qui désire ne prendre aucun parti dans la politique extérieure, à l’image de Médecins du Monde, qui au contraire, s’impliquent politiquement au niveau international et national (on l’a vu avec les tentes pour les sans domiciles parisiens). Chacune d’elle a des attentes différentes du « grand cirque » médiatique, sa battant entre la couverture et la récupération, mais il est grand temps que nos concitoyens se sentent plus concernés par ce qui se passe aux portes de l’Union Européenne.

 

Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Humanitaire
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Mardi 29 mai 2007 2 29 /05 /2007 23:39



A l’heure où le gouvernement américain renforce les sanctions contre Khartoum, on peut craindre que Bush reprenne une initiative ressemblante à l’intervention américaine au sein de l’Irak. A propos du Darfour, le président américain a déclaré ce jour que "Les hommes et les femmes du Darfour ont trop longtemps subi les souffrances infligées par un gouvernement complice du bombardement, de l'assassinat et du viol de civils innocents. Mon administration a appelé ces agissements par leur nom: génocide. Le monde a la responsabilité d'aider à y mettre fin. Je fais cette promesse aux gens du Darfour: les Etats-Unis ne détourneront pas les yeux d'une crise qui représente un défi pour la conscience de la communauté internationale.". Aujourd’hui je me remémore les faits de 2003. Cette année là j’étais convaincu que déclarer la guerre était une mauvaise chose et je félicitais même le président Chirac d’avoir opposer son droit de veto. Il me semble intéressant de comprendre et ne pas refaire les erreurs de 2003.

 

Tout d’abord, a posteriori, il faut bien se rendre compte que cette guerre était inévitable ; la preuve en est que le 1er mai 2003 les USA ont initié le conflit armé. Il y a alors une question à se poser : vaut-il mieux un conflit légitime géré par l’Organisation des Nation Unies ou une guerre dont les enjeux et les attentes des belligérants restent vagues ? Comparons deux conflits récents dont les arguments principaux annoncés étaient humanitaires et relativement similaires (« génocide », massacres, viol des droits de l’homme, etc…) : l’Irak et le Kosovo. En Irak, les USA ont dirigé la guerre, le pays est aujourd’hui dans une impasse à la fois humanitaire, sociale et politique. En parallèle, au Kosovo, où les casques bleus ont été investis de rétablir un état de droit, la province est désormais exempte de violence physique. Le bilan de la guerre en Irak est négatif, on ne peut pas en douter, mais quel aurait-il été si l’ONU en avait pris la responsabilité ? La présence de la communauté internationale plutôt que celles des USA aurait certainement moins été interprétée comme une « invasion ». D’un point de vue idéologique d’une part, et donc pratique d’autre part, il me parait évident que l’ONU aurait du gérer cette crise inévitable.

 

Ensuite, un argument plus théorique me tient à cœur. Personne jusqu’ici n’a nié l’existence du génocide perpétuel sur le territoire irakien. Sur les enjeux politiques, militaires, anti-terroristes, économiques (religieux et « familiaux » concernant directement les présidents Bush), il me semble raisonnable de dire que la décision d’un conflit pouvait attendre la fin de la mission des inspecteurs de l’ONU (une absence de conflit aurait été encore mieux). Mais sur le plan humanitaire nous devons confronter deux éthiques : l’une, celle de l’ONU prétendant que la communauté internationale ne peut intervenir à l’encontre de l’autonomie et l’indépendance d’un état ; l’autre estimant qu’éviter le massacre d’une population ou d’un seul homme est ce que l’on peut faire de mieux actuellement dans l’histoire internationale. Personnellement mon choix est fait. Même si l’ONU prend son temps pour y réfléchir on voit bien qu’elle aspire à la seconde : Sarajevo, Macédoine, Kosovo… Un fait marquant ne doit et ne peut pas passer inaperçu : au jour d’aujourd’hui, il y a moins de morts sur le territoire irakien qu’il n’y en avait avant cette guerre en Irak !!! L’éthique est une bonne chose, mais qu’en pensent les milliers d’Irakien ou Soudanais massacrés ?

 

Ainsi, en cette période où l’on reproche à B. Kouchner d’intégrer un gouvernement UMP, je me rabats, 4 ans plus tard, sur sa ligne initiale : la gestion de ce conflit inévitable et humainement indispensable devait dépendre de l’autorité de l’ONU dans un 1er temps, puis en cas d’échec, des forces de l’OTAN, remémorant le schéma tactique de la guerre de Bosnie (1992 / 1995). Ainsi, au regard de l’actualité outre-atlantique concernant la crise du Darfour, il me semble nécessaire d’interpeller la communauté internationale afin de ne pas reproduire les erreurs théoriques et pratiques de 2003.


 


 

Par Olivier GUILLARD - Publié dans : Humanitaire
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